Krydrufi V1 2.0 Ultra Set

Sortir les pinceaux sans envahir la bureau

Il suffit parfois de devoir tout ranger pour remettre une séance de peinture au lendemain. Sortir les pinceaux, remplir le pot, retrouver la palette puis tout remballer devient vite pénible quand l’établi est aussi le bureau ou la table du salon. La Krydrufi V1 2.0 Ultra Set s’attaque à ce problème très concret : regrouper le matériel dans une station que l’on ouvre pour travailler et que l’on empile ensuite pour libérer la place.

Le coffret Ultra ajoute aux bacs de rinçage une palette humide, deux boîtes de rangement et plusieurs surfaces de travail. Le verre, le silicone et la plaque de brossage à sec donnent davantage d’intérêt à cette version 2.0 pour la figurine. On peut aussi conserver les anciens modules V1, qui restent compatibles. Mais ce petit atelier transportable simplifie-t-il vraiment la séance, ou réunit-il surtout des accessoires qu’un peintre possède déjà ?

Un petit format qui impose des choix

Une fois fermée, la station mesure 20,5 cm de large pour 10,5 cm de profondeur et 19 cm de haut. Le bloc supérieur accueille deux bacs d’eau amovibles autour d’une poignée. Les autres modules s’accrochent dessous, tandis que leurs couvercles et leurs attaches permettent de les séparer pour travailler. On garde ainsi une petite tour pour le rangement et plusieurs éléments à répartir sur la table pendant la peinture.

Le format fermé est le vrai avantage. Le matériel reste regroupé entre deux séances et l’on peut laisser de côté les palettes dont on ne se sert pas. Une fois ouverts, les modules prennent naturellement plus de place que la petite tour qu’ils formaient sur l’étagère. Il faut donc prévoir une surface stable et assez dégagée. La station transporte les outils, mais ne fournit ni plan de travail, ni éclairage, ni protection pour la table.

Cet Ultra 2.0 comprend une palette humide et deux boîtes de rangement, pas deux palettes humides. Deux mousses et vingt feuilles accompagnent le module. La mousse retient l’eau sous le papier pour ralentir le séchage des acryliques. Le couvercle permet ensuite de refermer la palette entre deux séances, avec un encombrement bien inférieur à celui d’un grand modèle d’atelier.

Pour quelques couleurs et une figurine à la fois, le format a du sens. En préparant plusieurs mélanges et leurs éclaircies, on arrive en revanche assez vite au bord du papier. L’Ultra convient donc mieux à un projet limité qu’à une séance où l’on prépare de nombreuses variantes de couleurs en même temps. Il faut choisir ce qu’on pose sur la palette, ou accepter d’en ajouter une seconde. Ce second module humide reste un achat supplémentaire pas forcément justifiable, surtout au regard des grands formats vendu par la concurence.

Les clips métalliques dans le couvercle maintiennent une réserve de feuilles, ce qui évite de chercher le paquet au moment de remplacer le papier. Ils demandent toutefois une manipulation douce : les soulever ou les tordre fortement risque de les déformer. Quant à la conservation des mélanges, elle dépend toujours de l’eau, de la peinture et des conditions de la pièce. Refermer le couvercle ne dispense ni de surveiller la mousse ni de la nettoyer régulièrement.

Le verre et le silicone sont de vrais plus

La palette blanche en silicone possède neuf godets. Elle sert aux petites quantités que l’on préfère garder hors de la palette humide, notamment les lavis ou les peintures déjà très fluides comme les Contrastes. On peut également y séparer les métalliques du reste des mélanges. Le silicone permet de décoller la peinture acrylique une fois sèche, plutôt que de gratter un godet rigide. Les cavités restent assez grandes pour les quelques gouttes nécessaires à certains détails.

La palette en verre trempé propose, elle, une surface lisse et gris clair. Elle intéresse surtout les peintres qui travaillent aussi aux huiles ou aux émaux, ou qui préfèrent mélanger sur un fond neutre. Ce n’est pas une seconde palette humide : rien n’y alimente la peinture en eau. Son intérêt dépend donc des habitudes. Pour quelqu’un qui n’utilise que des acryliques et possède déjà sa palette préférée, cet accessoire risque de rester plus souvent rangé que sorti.

La plaque texturée est sans doute l’ajout le plus directement utile à la figurine. Le brossage à sec utilise un pinceau presque déchargé pour faire accrocher la couleur aux reliefs. Ici, des plis, des pentes et des aspérités permettent de vérifier la charge avant de passer sur le modèle. Un véritable plus fort bienvenue, et qui ne prends que très peu de place supplémentaire. Un papier absorbant enlève la peinture sans montrer aussi clairement ce qu’elle fera sur un relief. Cette surface d’essai est donc utile pour éviter de déposer une trace trop chargée sur une zone déjà peinte.

Deux bacs utiles au quotidien

Les deux récipients de rinçage peuvent servir à séparer les métalliques des couleurs ordinaires, ou à garder une eau pour le premier rinçage et une autre plus propre. Ils se retirent du support pour être vidés et lavés. Les inserts en silicone ajoutent une surface de nettoyage au fond. Cela reste un outil à utiliser doucement : frotter plus fort n’est pas une bonne façon de préserver une pointe fine.

Les quatre porte-pinceaux évitent de laisser rouler les manches sur la table et offrent plusieurs positions pour poser ou suspendre les pinceaux. Le système prévoit des pinceaux de taille inférieure à 10, ce qui ne garantit pas pour autant qu’un très gros manche sera aussi commode à installer qu’un manche fin.

Le nettoyage ne disparaît pas avec la modularité. Les reliefs des inserts retiennent les résidus qu’ils détachent des poils, et il faut les rincer plutôt que laisser cette peinture s’accumuler. Autre limite importante : la compatibilité du verre avec certains solvants ne s’étend pas à toute la station. Les nettoyants pour peintures à l’huile peuvent attaquer le plastique. Mieux vaut réserver ces produits à un récipient adapté, séparé des bacs Krydrufi.

Il faut encore choisir ce qu’on emporte

Les deux boîtes à cloisons ajustables sont une bonne évolution pour ranger des pièces de figurines, du petit matériel et les accessoires de la station. Elles sont plus adaptées à ces usages que les anciens plateaux de stockage à grands godets. Les couvercles sont compatibles avec ceux de la palette humide, et les palettes plates peuvent se loger dans l’espace prévu. On peut ainsi adapter les compartiments au projet au lieu de subir une répartition fixe.

Cela ne transforme pas l’ensemble en mallette universelle. Il faut encore prévoir les peintures nécessaires et vérifier la place disponible pour les outils longs. Les boîtes de rangement ne possèdent pas non plus de calage dédié aux figurines assemblées : une pièce libre dans un compartiment n’est pas protégée comme dans une boîte de transport adaptée. Pour partir peindre chez quelqu’un, la station organise une bonne partie du matériel, mais elle ne supprime pas forcément le besoin d’un sac ou d’une autre boîte. C’est sans doute les deux points les plus difficiles à justifier. La station promet en effet de remplacer un atelier, mais ne prévoit rien pour transporter les pots de peintures ni les figurines, obligeant ainsi à prévoir une deuxième solution annexe.

Les attaches demandent également de fermer complètement chaque couvercle avant l’empilage. Un outil qui dépasse peut empêcher la fermeture et compromettre l’accrochage du module inférieur. La consigne est de ne pas dépasser quatre modules empilés. Quant aux bacs d’eau, ils restent ouverts : la poignée facilite un déplacement jusqu’à l’évier, mais le trajet dans un sac se prépare avec des bacs vides. Portative ne veut pas dire étanche.

Conclusion :

Un bon atelier d’appoint pensé pour la maison, pas pour le déplacement

Krydrufi V1 2.0 Ultra Set
7,5/10

La Krydrufi V1 2.0 Ultra Set répond bien au problème du peintre qui doit libérer sa table après chaque séance, moins à celui qui souhaite se déplacer. Les modules se séparent selon les besoins, les deux eaux facilitent le rinçage et les nouvelles palettes donnent de vraies possibilités de travail. Les boîtes à compartiments sont aussi plus pertinentes pour la figurine que de simples réserves à peinture. Pour préparer un projet puis le ranger sans disperser ses outils, le système est bien pensé.

Il faut seulement accepter sa petite palette humide et choisir les accessoires dont on se servira vraiment. L’Ultra ne remplace ni une mallette à figurines ni tout le rangement des peintures, et les clips comme les couvercles demandent un minimum d’attention. À environ 45 € avant livraison, c’est une proposition convaincante pour un poste temporaire ou mobile. Sur un établi permanent déjà équipé, l’intérêt est nettement moins évident : on achète d’abord une façon de ranger, moins de déplacer son matériel.

Points positifs

  • Une station compacte qui se sépare et se réorganise selon le projet.
  • Deux boîtes à compartiments utiles pour les pièces et le petit matériel.
  • Une palette texturée pertinente pour contrôler le brossage à sec.
  • Le silicone, le verre et la palette humide répondent à des usages différents.
  • Deux bacs de rinçage et quatre supports pour mieux organiser les pinceaux.

Points négatifs

  • Une surface de palette humide étroite pour multiplier les mélanges.
  • Les clips métalliques et les fermetures demandent une manipulation attentive.
  • Des bacs à vider avant le transport en sac
  • Aucun maintien dédié aux figurines ni aux peintures.