Set Basic Colours Volume 01 – GSW
Huit teintes très mates, mais aucune pour éclaircir ni assombrir
- Éditeur
- Green Stuff World
- Type
- Peinture

Les coffrets de couleurs dites essentielles promettent souvent une réponse simple : quelques flacons, une palette courte et de quoi commencer sans réfléchir à chaque achat. Green Stuff World choisit une autre voie. Son Set Basic Colours Volume 01 réunit huit peintures Maxx Formula aux tons francs. Le fabricant fournit des flacons compte-gouttes de 17 ml, chacun muni d’une bille en acier inoxydable, dans une boîte compacte accompagnée d’un nuancier imprimé.
La composition intrigue dès la lecture des étiquettes : Cyber Yellow, Marine Blue, Warcry Green, Sun-Bleached Bone, Bestial Brown, Lollipop Magenta, Elven Flesh et Red Truth. Le jaune, le bleu et le rouge donnent une base de mélange logique. Le vert et le magenta élargissent rapidement les couleurs vives, tandis que l’os, le brun et la chair couvrent des besoins très courants sur une figurine. Pourtant, ni blanc, ni noir, ni gris ne viennent régler la luminosité de ces teintes.
Le Set Basic Colours Volume 01 doit donc répondre à deux questions distinctes. Ses peintures sont-elles agréables et fiables ? Le choix des huit flacons permet-il réellement de bâtir une première palette autonome ?
Une formule très fluide
La Maxx Formula est la seconde formule acrylique de Green Stuff World. Elle est à base d’eau, sans latex et non toxique. Sa particularité se perçoit avant même le premier coup de pinceau : la peinture sort du flacon avec une consistance nettement plus fluide que celle de nombreuses gammes destinées aux figurines. Elle se rapproche d’une peinture déjà préparée pour des couches fines, sans aller jusqu’à la transparence d’une encre.
Cette homogénéité apporte un vrai confort. La bille métallique aide à remettre les pigments en suspension, le compte-gouttes permet de déposer une petite quantité proprement sans déborder ; et la peinture s’étale sans tirer. Sur une palette sèche, une goutte reste immédiatement exploitable. Sur une palette humide, il faut en revanche contrôler l’eau : la formule absorbe en effet rapidement l’humidité et peut devenir trop liquide alors qu’aucun diluant n’a été ajouté.
Cette fluidité n’est pas un défaut dans l’absolu, mais elle impose une méthode et, surtout, une approche plus précise. Une peinture épaisse peut être affinée progressivement. Une peinture déjà très fine ne peut pas retrouver du corps sur la palette. Pour une couche de base parfaitement couvrante en un seul geste, les Maxx demandent donc plus de patience que des références plus denses. Pour les glacis, les transitions et les couches successives, leur comportement devient au contraire très naturel et particulièrement agréables.
Le séchage est rapide et la surface se montre solide après durcissement complet. Il reste cependant préférable de laisser chaque couche se stabiliser avant la suivante. En revenant trop tôt avec un pinceau chargé, on peut déplacer les pigments ou enfermer de petites bulles. La matière ne sanctionne pas une main débutante, mais elle récompense les couches minces et calmes. Ce n’est clairement pas une Speedpaint, mais une gamme faite pour ceux qui aiment peindre et prendre leur temps pour cela.
Un mat qui garde la couleur
Le fini constitue la meilleure qualité commune aux huit flacons. Une fois sèche, la peinture devient très mate, avec un aspect presque velouté. Les volumes restent lisibles sous un éclairage direct et les reflets parasites ne viennent pas masquer les nuances. Ce résultat facilite aussi la photographie d’une figurine, puisque la lumière ne produit pas de plaques brillantes sur les aplats.
Un mat prononcé peut ternir une couleur ou lui donner un aspect crayeux. Ce n’est pas le cas ici. Cyber Yellow, Lollipop Magenta et Red Truth conservent une saturation vive. Marine Blue et Warcry Green restent également francs, sans devenir poudreux. Green Stuff World trouve un équilibre convaincant entre lisibilité et intensité, ce qui donne une identité cohérente au coffret autant qu’aux figurines en résultant.
La teinte de l’apprêt reste néanmoins visible sous plusieurs couleurs. Sur une base blanche, les tons clairs gagnent immédiatement en éclat. Sur un gris moyen, ils paraissent plus sourds et réclament des couches supplémentaires. Cette influence est particulièrement nette avec le jaune, le rouge et l’os. Le nuancier de la boîte ne suffit donc pas à prévoir exactement le résultat : la couleur du support fait partie du travail.
Le pinceau doit rester léger
Au pinceau, la formule se place facilement dans les creux et suit les reliefs sans former de pâtés. Red Truth illustre bien ce comportement : son aplat peut devenir très régulier, presque tendu comme une pulvérisation, mais un pinceau trop chargé laisse les pigments se concentrer dans les creux. Il faut essorer légèrement les poils, étendre la couleur puis attendre avant de corriger.
Cyber Yellow ne peut pas échapper aux limites habituelles des pigments jaunes. Son éclat est réel, mais sa couvrance reste modeste. Une sous-couche claire et plusieurs voiles minces donnent un meilleur résultat qu’une couche lourde. Red Truth suit une logique proche, avec un pouvoir couvrant supérieur mais encore dépendant de la base. Sun-Bleached Bone se montre plus simple et construit un aplat propre en deux ou trois couches selon l’apprêt.
Warcry Green et Bestial Brown sont les deux références les plus susceptibles de garder la trace des poils quand elles sont posées directement. Une très légère dilution améliore leur tension, même si la peinture paraît déjà fine. Ce paradoxe vient de la répartition des pigments plus que de la seule consistance. Une goutte de médium, bien contrôlée, aide la couche à se niveler.
Pour tracer une arête ou un détail minuscule, le faible corps de la Maxx demande aussi une pointe peu chargée. La peinture quitte vite le pinceau et peut élargir le trait. Elle reste précise avec un bon contrôle, mais elle n’offre pas le même soutien qu’une acrylique plus crémeuse. En revanche, pour fondre deux tons, poser un filtre coloré ou créer une transition par couches fines, cette même fluidité devient un avantage net.
Le brossage à sec exige en revanche une petite préparation. Déposer la peinture sur une palette sèche et la laisser épaissir quelques instants évite qu’elle s’enfonce dans les creux au lieu d’accrocher les reliefs.
Des couleurs idéales pour construire la palette
Cyber Yellow 1781 est un jaune vif, propre et chaud sans basculer vers l’orange. Il convient aux vêtements lumineux, aux marquages, aux effets d’énergie et aux mélanges de verts. Sa faible opacité oblige à préparer le support. Sur du blanc ou un ivoire clair, il devient éclatant ; sur du gris, son intensité chute nettement. Il fonctionne mieux comme couleur construite en plusieurs couches que comme aplat immédiat.
Marine Blue 1792 est un bleu moyen saturé, légèrement froid. C’est probablement la teinte la plus polyvalente du coffret : armures, tissus, uniformes, eau stylisée et mélanges avec le rouge ou le magenta. Il est assez vif pour rester lisible sans devenir électrique. Faute de noir, il ne peut pas produire seul une ombre profonde ; faute de blanc, il ne peut pas non plus fournir un bleu ciel. Son potentiel dépend donc rapidement de flacons extérieurs.
Red Truth 3217 est un rouge éclatant proche de l’écarlate. Il apporte une couleur plus chaude que Lollipop Magenta et forme avec Marine Blue une base correcte pour les violets. Sa surface peut être remarquablement douce, à condition d’éviter les accumulations dans les creux. Plusieurs couches fines restent nécessaires sur un apprêt sombre. Parmi les couleurs vives, c’est celle qui montre le mieux les qualités et les limites de la formule : belle tension, forte saturation, mais transparence impossible à ignorer.
Ces trois références permettent bien de fabriquer des couleurs secondaires. Elles ne constituent toutefois pas un trio primaire parfaitement neutre. Le jaune chaud, le bleu froid et le rouge écarlate orientent les mélanges. On obtient facilement des verts francs et des violets colorés, tandis que certains oranges ou tons rabattus réclament plus d’ajustements.
Warcry Green 1799 est un vert herbe tirant vers le jaune. Il se destine immédiatement aux peaux fantastiques, aux plantes, aux tissus vifs et aux détails toxiques. Sa présence évite de mélanger Cyber Yellow et Marine Blue à chaque séance, mais elle réduit aussi la part réellement fondamentale de la boîte. Son ton n’est ni sombre ni naturel : pour une forêt profonde, un uniforme militaire ou une peau désaturée, il faudra le modifier.
La peinture peut marquer sous le pinceau, surtout sur une surface large. Une couche fine, bien étendue et laissée tranquille donne un résultat plus propre. Warcry Green réagit aussi fortement à l’apprêt. Il gagne une luminosité presque acide sur du blanc et devient beaucoup plus terne sur du gris. Cette sensibilité peut servir un dégradé, mais elle rend les retouches moins immédiates et naturelles.
Lollipop Magenta 1839 est la surprise la plus intéressante. Très saturé, il couvre les étoffes, les effets magiques, les fleurs, les accessoires et les armures de science-fiction. Mélangé à Marine Blue, il produit des violets plus lumineux que Red Truth. Ajouté au rouge, il permet de refroidir une ombre sans la salir. Ce n’est pas une couleur indispensable à une palette minimale, mais c’est une teinte utile que beaucoup de coffrets de départ oublient.
Le duo vert-magenta donne du caractère au Set Basic Colours Volume 01. Il affirme une préférence pour des figurines colorées plutôt que pour une sélection strictement scolaire. Cette décision rend le coffret plus amusant à ouvrir, mais elle occupe deux places qui auraient pu accueillir un blanc et un noir.
Sun-Bleached Bone 1823 est un crème chaud. Il sert aux os, aux dents, au papier, aux cordes, aux tissus écrus et aux éclaircies douces sur un brun. Sa teinte évite le blanc pur, souvent trop brutal sur une figurine.
Bestial Brown 1833 est un brun moyen chaud, chargé de rouge. Il convient au cuir, au bois, à la terre et à de nombreuses fourrures. Il peut aussi rabattre Marine Blue ou Warcry Green sans les neutraliser immédiatement. Sa couleur est utile, mais sa pose au pinceau demande de la régularité pour éviter les traces. Une fois construit en couches fines, son mat renforce agréablement les matières naturelles.
Elven Flesh 1845 est une chair claire et chaude, proche d’un pêche doux. Elle fournit une base rapide pour certaines carnations, mais aucune couleur chair ne peut représenter à elle seule la diversité des peaux. Sans brun sombre, rouge froid, blanc ou ton d’ombre dédié, le flacon reste un point de départ plutôt qu’une solution complète. Il sert aussi sur le cuir clair, les tissus rosés ou les détails organiques, ce qui lui évite d’être cantonné aux peaux.
Ces trois tons couvrent mieux que les couleurs les plus lumineuses et peuvent atteindre un aplat satisfaisant en deux ou trois couches. Ils rendent la boîte immédiatement pratique pour un squelette, un personnage humain ou un décor. Leur sélection est cohérente pour la figurine, mais elle confirme que Green Stuff World a assemblé un complément thématique plutôt qu’un ensemble autonome.
Aucun blanc, aucun noir
L’absence de blanc est le principal défaut du coffret. Sans lui, impossible d’éclaircir Cyber Yellow, Marine Blue, Warcry Green ou Lollipop Magenta en conservant une couleur propre. Sun-Bleached Bone peut adoucir certaines teintes, mais il les réchauffe et les rend crémeuses. Il ne remplace pas un blanc neutre pour une lumière froide, un bleu pâle ou un rose net.
L’absence de noir pose le problème inverse. Bestial Brown permet de calmer une couleur, Marine Blue peut assombrir un rouge, et des complémentaires produisent des tons profonds. Ces solutions enrichissent une palette, mais elles ne remplacent pas toujours un noir pour un socle, un joint d’armure, une arme ou une ombre extrême. Aucun gris n’offre non plus d’étape intermédiaire neutre.
Huit flacons pour un prix defiant toute concurrence
Les huit flacons de 17 ml adoptent le nouveau bouchon Flip-Top de Green Stuff World. Son couvercle articulé s’ouvre d’un clic et reste attaché au flacon, ce qui permet de déposer la peinture d’une seule main de manière controlée. Le conduit est cependant livré scellé : avant la première application, chaque embout doit être percé avec une aiguille ou une punaise. Préparer ainsi les huit flacons est un peu fastidieux, mais cette manipulation ne doit être effectuée qu’une fois. Le petit creux placé autour de l’embout récupère la peinture qui redescend et évite de salir le col. La bille en acier inoxydable intégrée à chaque flacon facilite enfin le mélange.
La boîte en carton protège correctement les huit références et le nuancier imprimé aide à les identifier. Au tarif de 21,25 €, chaque flacon revient à environ 2,66 €. Une référence Maxx Formula vendue seule coûte couramment 2,88 €, soit 23,04 € pour huit. L’économie du coffret atteint donc un peu moins de 10%, sachant que le prix reste vraiment modéré face à de nombreuses gammes concurrentes sans pour autant sacrifier la qualité.
De bonnes peintures dans un coffret qui ne peut pas débuter seul
Le Set Basic Colours Volume 01 rassemble huit peintures cohérentes par leur qualité. La Maxx Formula offre une fluidité très agréable pour les couches fines et les glacis. Son mat velouté rend les volumes lisibles sans affadir les teintes, tandis que les flacons compte-gouttes et leurs billes métalliques facilitent la préparation. Cette formule demande néanmoins une main légère. Les tons clairs restent sensibles à l’apprêt, et la faible densité complique les arêtes ou le brossage à sec. Rien de rédhibitoire, mais le comportement favorise nettement les peintres qui aiment construire la couleur en prenant leur temps plutôt que couvrir en une seule couche.
Le choix des teintes posent plus question que leur qualité. Un coffret nommé Basic Colours sans blanc ni noir ne peut pas régler seul les lumières et les ombres. Une bonne extension de palette, colorée et techniquement intéressante, mais pas le candidat ideal pour devenir l’unique boîte d’un débutant sans compléments.
Points positifs
- Fini très mat sans perte marquée de saturation
- Formule fluide, excellente pour les couches fines et les glacis
- Huit teintes distinctes et réellement exploitables
- Flacons compte-gouttes de 17 ml avec bille métallique
- Prix par millilitre vraiment compétitif
Points négatifs
- Aucun blanc, noir ou gris dans un coffret de couleurs essentielles
- Couvrance limitée du jaune et de plusieurs tons vifs
- Moins confortable pour les arêtes et le brossage à sec
