The Disney Afternoon Collection
Enfin sur Switch, avec Goof Troop en prime
- Date de sortie
- 26 février 2026
- Support
- Nintendo Switch
- Développeur
- Digital Eclipse
- Éditeur
- Atari
- Genre
- Plateforme / Action
- Langue
- Français 🇫🇷
La Switch aurait dû accueillir The Disney Afternoon Collection dès 2017. La console venait de sortir et cette compilation de jeux NES semblait toute désignée pour l’accompagner. Elle avait pourtant été réservée au PC, à la PlayStation 4 et à la Xbox One. Près de neuf ans plus tard, Digital Eclipse reprend son travail sous l’édition d’Atari et y ajoute Goof Troop et Bonkers, deux jeux Super Nintendo qui portent la sélection à huit titres.
Goof Troop, surtout, apporte une aventure coopérative qui manquait à la première version, alors que l’on retrouve autour plusieurs des meilleures adaptations Disney de Capcom. Les sauvegardes, le rewind et les archives sont également conservés. Reste à regarder ces jeux pour ce qu’ils proposent encore, sans leur pardonner systématiquement leurs défauts parce qu’on connaît les personnages depuis l’enfance. Que vaut donc cette compilation une fois la joie des retrouvailles passée ?
Picsou avait déjà compris l’essentiel
Il suffit de regarder ce que la canne apporte aux deux DuckTales pour comprendre pourquoi ils restent aussi intéressants. Elle sert à frapper, mais surtout à rebondir sur les ennemis et à franchir les obstacles. Une seule mécanique donne ainsi une raison de réfléchir à la hauteur de son saut, à l’endroit où l’on va retomber et à ce que l’on peut atteindre ensuite. Les niveaux l’exploitent suffisamment bien pour que le plaisir ne dépende jamais seulement du personnage que l’on incarne.
L’exploration y contribue beaucoup. On peut choisir l’ordre des niveaux et quitter le chemin le plus évident pour chercher des trésors, ce qui convient parfaitement à une aventure de Picsou. Un détour a souvent plus d’intérêt qu’une course vers la sortie, et les secrets donnent envie de revenir avec une meilleure connaissance des lieux. C’est aussi ce qui rend ces jeux agréables à reprendre : on peut vouloir les terminer, puis y retourner pour trouver ce que l’on a laissé de côté.
DuckTales 2 conserve cette construction et donne quelques fonctions supplémentaires à la canne, notamment pour tirer des blocs ou s’accrocher. Il ne bouleverse pas grand-chose, mais il développe une bonne idée au lieu de l’encombrer. Le premier garde pour lui la force de la découverte et une bande-son particulièrement marquante, dont le thème de la Lune reste un excellent exemple. La suite mérite pourtant autant d’être essayée, surtout si l’on ne connaît Picsou que par son premier jeu ou par DuckTales Remastered, absent de cette collection.
Tout n’est pas devenu plus agréable avec les années. Les ennemis qui réapparaissent dès que l’on revient sur ses pas peuvent encore agacer et la précision demandée surprendra ceux qui s’attendaient à une promenade de santé. Mais on comprend ce que le jeu attend et pourquoi on a envie de réessayer. À ce niveau-là, les deux épisodes ont bien moins vieilli que beaucoup de jeux sous licence qui leur ont succédé.
Tic et Tac gagnent à être joués ensemble
Les deux Chip ‘n Dale Rescue Rangers sont plus simples. On ramasse des caisses et d’autres objets pour les jeter sur les ennemis, puis on continue à travers des niveaux qui demandent surtout de bien sauter et de réagir au bon moment. C’est facile à comprendre et suffisamment immédiat pour lancer une partie avec quelqu’un qui n’a jamais touché à ces jeux.
La coopération locale est donc une vraie raison de les retrouver. Chaque joueur contrôle son personnage et participe à la même progression, sans devoir attendre son tour devant l’écran. Cette simplicité devient alors un avantage : on peut jouer ensemble rapidement, même avec des habitudes de jeu différentes. En solo, les limites se remarquent davantage, notamment des boss peu compliqués et des situations qui finissent par se ressembler.
Le deuxième épisode ne change pas beaucoup cette impression. Sa progression plus linéaire et ses nouveautés limitées lui donnent moins d’intérêt comme suite que comme deuxième aventure à faire à deux. Les deux jeux restent agréables, mais il vaut mieux les aborder pour leur coopération et leur prise en main que pour y chercher un grand défi de plateforme.
Goof Troop méritait de revenir
Si l’on possède déjà la compilation de 2017, c’est surtout pour Goof Troop que cette édition devient intéressante. Dingo et Max partent sur une île de pirates pour sauver leurs amis, dans une aventure vue du dessus où les salles sont autant de petits problèmes à résoudre. Il faut déplacer des blocs, utiliser les objets disponibles et trouver comment atteindre la sortie, tout en se débarrassant des ennemis qui gênent les manipulations.
Le jeu demande davantage d’observer que de se précipiter. Un bloc peut servir à débloquer un chemin, un objet à éliminer un adversaire, et le grappin permet aussi bien de franchir certains obstacles que d’étourdir un ennemi. Les outils ont des fonctions claires, ce qui permet de comprendre progressivement les énigmes sans que le jeu ait besoin de tout expliquer. La difficulté vient de leur combinaison, pas d’une accumulation de commandes.
À deux, on partage cette recherche et l’on participe directement à la solution. C’est une coopération plus intéressante que la simple présence d’un second personnage capable de frapper : il faut regarder ce que l’autre fait et se mettre d’accord sur la manière d’avancer. L’aventure fonctionne aussi seul, mais perd une partie de ce plaisir partagé.
Ce changement de rythme fait du bien dans la collection. Après plusieurs jeux centrés sur les sauts et les réflexes, Goof Troop propose de prendre le temps de comprendre une salle. Il est assez court, mais cette durée lui convient et laisse davantage l’envie d’y revenir que l’impression d’avoir épuisé la même idée. Son ajout suffit à rendre cette version Switch nettement plus intéressante que le simple portage attendu depuis des années.
On ne gardera pas forcément de tout un bon souvenir
Darkwing Duck conserve de bons arguments. Myster Mask y utilise son pistolet à gaz dans un jeu d’action proche de Mega Man, avec des niveaux à apprendre et des boss dont il faut comprendre les attaques. La possibilité de se suspendre à certains éléments du décor apporte quelques variations bienvenues. La comparaison avec Mega Man rappelle aussi ses limites : les déplacements sont plus raides et le level design n’a pas toujours la même inventivité. Il reste plaisant, à condition d’accepter une difficulté parfois assez sèche.
Il est plus difficile de défendre TaleSpin. Ce shoot ’em up fait piloter l’avion de Baloo, qui peut se retourner pour changer de direction. Le principe aurait pu donner un jeu nerveux, mais les tirs sont trop espacés et la position de l’appareil complique la visée. Quand on monte ou que l’on descend, l’avion s’incline et le tir part en diagonale. On doit donc autant composer avec ses propres commandes qu’avec les ennemis, ce qui rend certains échecs pénibles plutôt que motivants.
Bonkers pose un autre problème. Le personnage se déplace lentement et son dash est censé lui apporter de la vitesse, mais celui-ci dépend d’une jauge et s’interrompt facilement au contact des obstacles. Les niveaux ne permettent pas d’en profiter assez librement. On accélère, on s’arrête, puis on attend de pouvoir recommencer, alors que cette mécanique devrait justement rendre les déplacements plus agréables.
Ses graphismes Super Nintendo sont réussis et les références aux autres films Disney ont leur charme. On cherche notamment à récupérer la lampe d’Aladdin, la voix d’Ariel et le chapeau de sorcier de Fantasia. Cela donne envie de découvrir les décors, mais les bombes et les quelques variations de plateforme ne suffisent pas à rendre l’ensemble aussi prenant que les meilleurs jeux de la compilation. Bonkers mérite d’être disponible à nouveau ; il justifie beaucoup moins un nouvel achat que Goof Troop.
Le droit de rater un saut
Le rewind reste l’ajout le plus utile pour retrouver ces jeux aujourd’hui, même s’il était déjà présent en 2017. On peut revenir quelques secondes en arrière après une erreur et reprendre immédiatement, au lieu de consommer une vie puis de refaire le chemin. Les sauvegardes permettent de leur côté d’arrêter une partie quand on le souhaite. Les huit jeux en profitent, y compris les deux nouveaux venus.
Il n’y a pas grand intérêt à défendre toutes les contraintes de l’époque au nom de l’authenticité. Refaire un niveau parce que l’on veut mieux le connaître peut être plaisant ; le refaire parce qu’un saut raté efface une longue progression l’est beaucoup moins. Ces options laissent le choix et permettent aussi de découvrir la suite d’un jeu sans devoir lui consacrer autant de tentatives qu’autrefois.
Elles ne corrigent cependant pas les contrôles de TaleSpin ni les interruptions du dash de Bonkers. La compilation facilite l’accès aux jeux, mais ne rend pas meilleurs ceux qui étaient déjà moins réussis. Il faut également le garder en tête avant de la choisir pour un jeune enfant. Les personnages Disney et le PEGI 3 ne disent rien de la précision qu’il faudra pour terminer certains niveaux.
Le retour valait la peine, surtout pour Goof Troop
The Disney Afternoon Collection sur Switch est une très bonne manière de retrouver ces adaptations Disney. Les deux DuckTales gardent un gameplay précis et des secrets qui donnent envie de fouiller leurs niveaux, tandis que les aventures de Tic et Tac se prêtent toujours bien à la coopération. Goof Troop apporte surtout une expérience différente, assez réussie pour donner une raison de revenir même lorsque l'on connaît déjà les jeux de la première compilation.
Les réserves concernent autant certains titres que cette réédition. TaleSpin reste frustrant, Bonkers exploite mal son dash et les deux jeux SNES n'ont pas reçu tous les modes bonus. La coopération en ligne aurait aussi été un ajout bienvenu.
Points positifs
- Les deux DuckTales restent excellents, autant pour leurs déplacements que pour leurs secrets.
- L'ajout de Goof Troop apporte une vraie raison de revenir à la compilation.
- Trois jeux à partager en coopération locale.
- Les sauvegardes et le rewind facilitent la découverte sans changer les jeux.
- Des archives intéressantes et huit jeux pour un prix modeste.
Points négatifs
- Les tirs et le pilotage de TaleSpin, le dash trop contraignant de Bonkers.
- Pas de Time Attack ni de Boss Rush pour les deux jeux SNES.
- Toujours pas de coopération en ligne.
- Les ralentissements et clignotements des jeux d'origine sont conservés.
