KULT Elite M150

Deux batteries pour ne jamais alourdir la souris

Constructeur
The G-Lab
Type
Souris
Prix public
79,99€

Depuis 2016, The G-Lab construit une large partie de son catalogue autour de périphériques accessibles. La marque française sait proposer des claviers, des casques et des souris à des tarifs contenus, mais elle reste moins attendue sur le terrain des modèles compétitifs. Avec la KULT Elite M150, elle change de registre sans abandonner un prix encore raisonnable.

La fiche technique rassemble presque tous les chiffres devenus incontournables sur ce segment : 55 grammes, capteur PixArt PAW 3950, fréquence de 8 000 Hz, connexion 2,4 GHz, Bluetooth et câble USB-C. The G-Lab ajoute surtout deux batteries amovibles de 400 mAh, une solution rare sur une souris aussi légère. L’idée consiste à remplacer la cellule vide en quelques secondes au lieu de brancher immédiatement le câble.

Cette souris est proposée à 79,99 euros, avec une coque sobre, cinq commandes programmables et aucun éclairage RGB. Le prix ne place plus la marque dans l’entrée de gamme, tandis que le capteur et la fréquence rivalisent avec des modèles bien plus chers. La KULT Elite M150 possède-t-elle seulement une belle fiche, ou The G-Lab tient-il enfin une souris capable de convaincre les joueurs les plus exigeants ?

56 grammes sans coque perforée

The G-Lab annonce 55 grammes. La notice indique 56 grammes avec la batterie installée et 44 grammes sans elle. Dans les deux cas, le résultat reste excellent pour un modèle sans fil doté d’une coque pleine.

Le faible poids se ressent immédiatement. La souris demande peu d’effort pour démarrer, s’arrête facilement et réduit la fatigue pendant les longues parties. Les patins en PTFE couvrent assez de surface pour maintenir une glisse régulière sur un tapis en tissu. La coque ne se tord pas sous une pression normale et aucun percement ne vient exposer l’intérieur à la poussière.

Le plastique noir et lisse paraît en revanche moins valorisant que la partie électronique. Il marque vite sous les doigts et peut devenir glissant quand la main chauffe. The G-Lab fournit des bandes adhésives pour les deux boutons principaux et les flancs. Elles corrigent nettement l’adhérence, au prix d’un toucher plus rugueux et d’une finition moins uniforme. Leur présence dans la boîte est utile, mais elle montre aussi que la surface nue manque de prise.

L’absence de RGB ne retire rien au produit. Elle économise de l’énergie, évite une zone lumineuse inutile sous la paume et permet de conserver une coque fermée. Le dessin très simple ne donnera aucune personnalité à un bureau, mais cette retenue a au moins une fonction claire.

Une forme symétrique qui reste pensée pour la main droite

La coque mesure 125 mm de long, 63 mm de large et 38 mm de haut. Ce format moyen garde un dos assez bas et facilite les mouvements réalisés avec les doigts. Une prise en griffe, avec la paume partiellement posée et les doigts arqués, correspond bien à ses proportions. Une prise du bout des doigts profite encore davantage du poids réduit. Une grande main posée entièrement sur la souris risque en revanche de manquer de soutien vers l’arrière.

La forme paraît symétrique vue du dessus, mais les deux commandes latérales se trouvent uniquement sur le flanc gauche. Elles tombent donc sous le pouce droit. Un gaucher peut déplacer le pointeur et employer les clics principaux, mais il perd l’accès naturel aux boutons précédent et suivant.

Cinq commandes peuvent être programmées. Ce total couvre les besoins d’un FPS, d’un jeu de stratégie ou d’un titre d’action, mais il laisse peu de liberté dès que plusieurs raccourcis doivent rester sous le pouce. Une commande supplémentaire derrière la molette ou un troisième bouton latéral aurait rendu le modèle plus polyvalent sans modifier profondément sa forme.

Le PAW 3950 appartient aux capteurs optiques les plus ambitieux de PixArt. Sa résolution monte à 30 000 DPI et il supporte une accélération maximale de 50 G. La limite de 30 000 DPI relève surtout de la démonstration technique. À ce niveau, quelques millimètres suffisent pour traverser plusieurs écrans et le contrôle devient presque impossible. L’intérêt du 3950 se trouve ailleurs : son suivi reste propre à des valeurs réalistes, il tolère les mouvements rapides et ne montre ni décrochage ni correction artificielle perceptible. Sur des jeux aussi différents que Valorant, Rocket League ou League of Legends, les déplacements conservent leur régularité.

Le poids réduit complète mieux le capteur que le chiffre de 30 000 DPI. Une faible sensibilité réclame de grands gestes du bras ; 56 grammes limitent alors l’inertie et facilitent les arrêts courts. À sensibilité élevée, la coque légère demande une main plus calme, car le moindre mouvement involontaire devient visible. La souris n’impose donc pas un style, mais elle récompense un réglage cohérent.

Le logiciel permet d’enregistrer plusieurs paliers. Le profil initial propose notamment 800, 1 600, 2 400, 3 200, 6 400 et 30 000 DPI. Le bond final possède peu d’intérêt et mérite d’être remplacé par une valeur adaptée au joueur. Cette modification ne demande que quelques minutes, puis le bouton de sélection permet de retrouver chaque palier.

La fréquence d’interrogation indique combien de fois la souris transmet sa position à l’ordinateur. À 1 000 Hz, une information peut être envoyée toutes les millisecondes. À 8 000 Hz, l’intervalle théorique tombe à 0,125 milliseconde. La KULT Elite M150 atteint bien cette fréquence en 2,4 GHz comme avec le câble, ce qui la distingue de nombreux modèles qui réservent leur valeur maximale au filaire.

Le mouvement paraît plus régulier sur un écran très rapide, surtout avec une fréquence de 240 Hz ou davantage et dans un jeu où la caméra pivote sans cesse. Le gain face à 1 000 Hz reste pourtant beaucoup moins spectaculaire que le rapport de un à huit pourrait le faire croire. Sur un écran 60 ou 144 Hz, la différence devient faible. Elle peut même disparaître derrière la latence du jeu, de l’écran ou du joueur.

Le mode réclame aussi davantage de travail au processeur. Une machine ancienne ou déjà très sollicitée peut perdre une partie du bénéfice attendu. Il faut enfin que le jeu traite correctement ce flux très élevé. Le réglage à 2 000 ou 4 000 Hz constitue souvent un meilleur compromis sur un ordinateur récent, tandis que 1 000 Hz reste parfaitement solide pour la majorité des titres.

The G-Lab ne vend donc pas une fréquence fictive. Le 8 000 Hz fonctionne et complète logiquement le PAW 3950. Il ne justifie simplement pas, à lui seul, un remplacement de souris. Son coût sur l’autonomie se révèle bien plus facile à mesurer que les fractions de milliseconde gagnées.

Des clics rapides, cinq commandes seulement

Les deux boutons principaux emploient des interrupteurs optiques TTC. La pression coupe un faisceau lumineux au lieu de fermer un contact métallique. Cette méthode limite le délai de rebond électrique et réduit le risque de double clic involontaire lié à l’usure du contact. The G-Lab annonce une endurance de 100 millions d’activations.

Les clics sont francs, rapides et dépourvus de flottement gênant. Leur bruit reste présent, comme sur la plupart des souris de jeu ; il ne faut pas attendre un modèle silencieux. La durée annoncée constitue un indice rassurant, pas une garantie qu’aucune pièce mécanique ne bougera avant ce seuil.

La molette repose sur un encodeur TTC doré donné pour deux millions de rotations. Ses crans permettent de changer d’arme ou de parcourir une liste sans perdre la position. Son clic central rejoint les deux boutons latéraux dans le logiciel. Les cinq commandes programmables suffisent pour réattribuer les fonctions essentielles, créer une macro simple ou adapter la souris à un jeu, mais elles restent la limite la plus évidente de ce châssis.

Le mode 2,4 GHz doit rester le choix principal pour jouer. Le nano-récepteur se range sous la coque et donne accès aux fréquences élevées sans câble. La liaison reste stable et le capteur ne montre pas de coupure lors des mouvements rapides. Le Bluetooth convient mieux à un ordinateur portable ou à une activité calme, car il consomme moins d’énergie et libère un port USB.
Le câble USB-C de 1,6 mètre transforme la souris en modèle filaire tout en rechargeant la batterie installée. Sa longueur suffit sur un portable ou une tour placée près du bureau. Elle peut devenir juste lorsque l’ordinateur se trouve au sol, loin derrière l’écran. Le connecteur amovible reste malgré tout préférable à un fil captif : un câble abîmé peut être remplacé sans ouvrir la souris.

Passer d’un mode à l’autre évite de multiplier les périphériques. Le 2,4 GHz privilégie la réactivité, le Bluetooth allonge la durée entre deux charges et l’USB-C garantit que la partie continue. Cette polyvalence compte davantage que la résolution maximale, car elle sert chaque jour.

Deux batteries, mais pas 200 heures dans les modes rapides

Les deux cellules de 400 mAh constituent l’idée la plus intéressante du produit. Une batterie prend place sous la coque, tandis que la seconde attend son tour. Le remplacement demande moins de dix secondes. Avec deux cellules chargées, une partie n’est donc pas interrompue par plusieurs heures au bout d’un câble.

Le discours commercial promet jusqu’à 100 heures par batterie, soit 200 heures au total. La notice officielle fournit des chiffres nettement plus modestes : 56 heures par cellule en 2,4 GHz à 1 000 Hz, 18 heures à 8 000 Hz et 62 heures en Bluetooth. Deux batteries représentent alors 112, 36 ou 124 heures selon le mode. La recharge complète demande environ trois heures.

Un chiffre maximal peut dépendre d’un protocole précis, d’une fréquence réduite ou de périodes de veille. Le problème vient de l’absence de méthode clairement associée aux 100 heures. Les valeurs détaillées de la notice sont plus utiles pour préparer une semaine de jeu et elles montrent que le 8 000 Hz divise l’endurance par plus de trois face au 1 000 Hz.

Le caractère amovible reste un excellent choix pour la durée de vie. Une cellule fatiguée peut théoriquement être remplacée sans jeter toute la souris. Cette qualité doit toutefois être accompagnée par des pièces disponibles. Au moment de ce test, aucune batterie compatible n’est vendue séparément sur la boutique officielle et la garantie de deux ans exclut les batteries, considérées comme des consommables.

Un logiciel simple et suffisamment complet

L’application dédiée réunit les fonctions attendues sans multiplier les menus. Elle permet de réattribuer les cinq commandes, créer des macros, modifier les paliers de DPI et choisir une fréquence de 500, 1 000, 2 000, 4 000 ou 8 000 Hz. Le délai de réponse des clics descend à une milliseconde.

Le temps avant veille peut être ajusté pour préserver la batterie. La distance de décrochage, qui détermine la hauteur à laquelle le capteur cesse de lire le tapis, peut également être modifiée. Une valeur basse évite de déplacer le pointeur quand la souris est soulevée puis reposée. La calibration aide enfin à adapter le capteur à la surface.

L’interface reste basique, mais elle se comprend vite et ne cache aucune fonction majeure. Le faible nombre de commandes réduit naturellement l’intérêt des macros et des profils. Une présentation plus soignée aurait mieux accompagné le statut Elite, sans changer la qualité du capteur ni la réactivité obtenue.

Le prix conseillé de 79,99 euros est cohérent avec le matériel embarqué. Le PAW 3950, le 8 000 Hz sans fil, les interrupteurs optiques, les patins en PTFE, les trois connexions et la seconde batterie forment un ensemble rare à ce niveau. La souris se trouve aussi autour de 69,99 euros chez certains vendeurs, tarif auquel son rapport entre poids, précision et fonctions devient très solide.

La concurrence reste féroce. Des modèles plus chers proposent un plastique plus flatteur, une forme plus travaillée, un logiciel plus riche ou davantage de commandes. D’autres abandonnent le Bluetooth et la batterie amovible pour concentrer tout le budget sur le poids et le capteur. The G-Lab choisit une voie polyvalente, avec une technologie compétitive dans une coque encore marquée par les habitudes d’une marque accessible.

Un joueur équipé d’un écran 144 Hz et satisfait du 1 000 Hz ne doit pas acheter ce modèle uniquement pour le chiffre 8 000. Il profitera davantage des 56 grammes, de la glisse et du double jeu de batteries. Une personne qui cherche huit ou dix boutons devra regarder ailleurs. Pour un FPS, un MOBA ou une souris légère capable de suivre aussi un portable en Bluetooth, le tarif reste convaincant.

Conclusion :

Une excellente base compétitive qui doit clarifier son autonomie

KULT Elite M150
8/10

La KULT Elite M150 donne à The G-Lab une vraie place parmi les souris légères ambitieuses. Son PAW 3950 suit les mouvements rapides avec précision, ses 56 grammes facilitent les grands déplacements et le mode 8 000 Hz fonctionne aussi sans câble. Les clics optiques sont nets, la glisse est régulière et les trois connexions couvrent aussi bien le jeu que le travail sur un portable.

À 79,99 euros, la souris reste compétitive. Autour de 69,99 euros, elle devient même très facile à recommander à un droitier qui veut réduire le poids sans renoncer au Bluetooth ni au sans-fil rapide. The G-Lab tient une excellente base ; il lui manque une surface plus sûre, quelques commandes et une politique claire pour les batteries de remplacement afin de rejoindre les références les plus abouties.

Points positifs

  • Un poids de 56 grammes avec une coque pleine
  • Un capteur PixArt PAW 3950 précis et stable
  • Une fréquence maximale de 8 000 Hz en filaire et en 2,4 GHz
  • Deux batteries amovibles faciles à remplacer
  • Trois connexions adaptées à des besoins différents
  • Des interrupteurs optiques TTC francs et rapides
  • Des patins en PTFE qui assurent une glisse régulière
  • Un logiciel clair avec DPI, fréquence, macros, veille et calibration
  • Un prix inférieur aux modèles dotés d’un équipement comparable

Points négatifs

  • Une surface lisse qui marque et peut glisser sans les bandes fournies
  • Une coque symétrique dont les boutons latéraux favorisent la main droite
  • Seulement cinq commandes programmables
  • Un câble de 1,6 mètre parfois court pour une tour éloignée
  • Une autonomie à 8 000 Hz limitée à 18 heures par batterie
  • Une promesse de 200 heures qui ne correspond pas aux valeurs détaillées de la notice
  • Aucune batterie de remplacement vendue séparément par la marque au moment du test