TDAAAAAAH
Un TDAH qui sale Vador haut en couleur !
- Scénario
- Olivier Laude
- Dessin
- Olivier Laude
- Éditeur
- Hachette
- Date de publication
- 20 mai 2026
- Nombre de pages
- 96

TDAAAAAAH est une BD d’Olivier Laude parue le 20 Mai 2026 aux Éditions Hachette. Elle se compose de 96 pages.
Une BD autobiographique
TDAAAAAAH est une BD autobiographique. L’auteur, Olivier Laude souffre de ce trouble neurologique encore trop méconnu aujourd’hui. Le TDAH n’est pas une maladie à proprement parler, mais un sérieux handicap au quotidien. Ceux qui en souffrent se reconnaîtront dans de nombreuses situations au cœur de cette BD. La fameuse comorbidité y est évoquée, elle peut inclure d’autres pathologies associées au TDAH telles que le Trouble Anxieux, le Trouble des Conduites, le Trouble du Spectre de l’Autisme, le Trouble du Comportement Alimentaire, le Trouble de la Personnalité Borderline… On peut être atteint d’un TDA sans Hyperactivité par exemple. Chaque personne est différente et cette BD apporte un soutien réconfortant chez ceux qui en souffrent, et éclaire ceux qui connaissent mal le sujet.
Explosion de couleurs (et d’humour) !
Cette BD va à 200 à l’heure, change de sujet à la vitesse de la lumière, adopte des styles graphiques variés, des couleurs explosives et des angles qui détonent. Le cadre est posé (et explosé comme le mur) : Olivier Laude transcrit son quotidien avec une authenticité étonnamment vulgaire, mais en l’épiçant avec beaucoup d’humour. Il censure ses « Putain » par « Olivier Laude », non sans les assaisonner de Bordel de merde et autres injures, relevées de photomontages du type Henry sale Vador. Toute la BD est drôle. Olivier tourne son handicap en dérision, invitant un lectorat très vaste qui accroche son style hétéroclite, sa familiarité authentique et l’envie d’en apprendre plus sur le TDAH.
Si Olivier ne se sent pas légitime en tant qu’auteur, il est pourtant le mieux placé pour parler du TDAH. Raconter les étourderies, la quête épique pour obtenir du méthylphénidate, l’impulsivité, les problèmes d’organisation, la dépression, l’anxiété… Tout cela fait partie intégrante du TDAH et cette BD est on ne peut plus pertinente. Sa transparence la rend vraiment unique ; là où d’autres auteurs prennent de la distance avec leur problème neurologique (et plus généralement, ils n’en sont pas atteints), Olivier s’en empare avec son cœur et ses tripes et on le ressent dans chaque page. Il a travaillé sur cet ouvrage de toute son âme et ça se ressent intensément.
Méthylphénidate
Différentes spécificités sont abordées sans tomber dans le jargon scientifique que l’auteur souhaitait éviter. Au temps de la préhistoire, la vigilance de l’homo sapiens lui permettait de chasser et de survivre. Le cerveau reptilien est toujours ancré chez l’être humain, il prend le dessus notamment lors de l’enfantement où l’être humain prend conscience du mammifère qui est en lui. Le TDAH est dû à un trouble neurologique au niveau du verrou dopaminergique. Ceux qui en sont atteints ont besoin de davantage de dopamine pour se concentrer, un rien les distrait, la moindre tâche paraît insurmontable et ils s’énervent facilement. À l’inverse, s’ils sont plongés dans une activité passionnante, leur cerveau produit de la dopamine, ils deviennent alors hyperfocus plusieurs heures durant (lecture, jeu vidéo, dessin, écriture…). Vient se greffer une hypersensibilité assez fréquente avec le TDAH, qui est à la fois une force, mais aussi un autre handicap.
Beaucoup prennent du méthylphénidate pour se concentrer, être plus performants et moins agressifs. Ce médicament n’est pas une baguette magique, mais il impacte les neurotransmetteurs (dopamine et noradrénaline), les corvées deviennent alors moins insurmontables. Dans « La quête éternelle du Méthylphénidate », Olivier raconte son parcours en pixel art, une véritable quête épique extrêmement drôle. Et effectivement, ce n’est pas simple pour une personne étourdie de faire sans cesse renouveler son ordonnance.
Outre le terrain favorable des addictions quand on a un TDAH, on retrouve de nombreux tics : se ronger les ongles, couper la parole des autres, parler fort, se balancer sur sa chaise, ne pas voir ce qu’on a sous le nez, oublier ce qu’on était censé faire… Et bien sûr ne pas tenir en place ! Bouger jusqu’à l’épuisement. Effectuer le même travail sur la durée, s’il n’est pas passionnant, avec un TSA de surcroît, devient plus que pénible… Travailler à domicile devient plus épanouissant. Olivier le dessine justement, soulagé de ne pas être pris en CDI… Puis différentes émotions contradictoires le traversent, semblables à des montagnes russes.
Olivier Laude explore les différentes facettes de son être sous la forme de super-héros avec des noms bien spécifiques : « Ultra Focus, Impostor, Konnarogan, etc… » Tellement de fragments variés d’un même individu qui sait prendre le recul suffisant pour parler de lui-même avec humour.
Cette BD apporte forcément quelque chose au lecteur : soit des informations pertinentes pour ceux qui connaissent mal le TDAH, soit une forme de soutien pour ceux qui partagent ce handicap invisible et réalisent qu’ils ne sont pas tous seuls à vivre ça.
Un TDAH qui sale Vador haut en couleur !
TDAAAAAAH est une BD qui aborde le TDAH avec énormément d’humour. Autobiographique, elle explore le quotidien d’Olivier Laude dans une explosion de couleurs, de styles graphiques variés, de mises en pages singulières. Certainement la meilleure approche pour comprendre ce que vit un individu atteint de TDAH et les handicaps qu’il génère au quotidien.
