L’Arcane de l’Aube – Tome 1
L’Arcane rudoyé

L’Arcane de l’Aube (Red Edition) est un manga de Rei Toma paru le 01 Avril 2026 aux Éditions Kazé. Traduit par Satoko Inaba, il se compose de 368 pages.
Noces empourprées
Deux Royaumes sont en guerre au nord et au sud. Des demi-humains sont envoyés au front comme chair à canon, car leur pouvoir effraie la monarchie. Afin de pacifier cette situation, Nakaba la Princesse de Sennan, est envoyée pour épouser le Prince Caesar du Royaume de Belquat. Cependant, il n’est que le fils cadet, le pouvoir est censé revenir à son frère aîné, Cain, en épousant Louise dont la famille dirige les armées.
Nakaba rencontre donc Caesar le jour même de ses épousailles. Le Prince est brutal, infamant, insulte la rousseur de son épouse qui indique qu’elle n’est pas de sang pur, car les nobles arborent des cheveux bruns. Il tire sur sa natte tout le long de l’histoire en dépit de ses objections et la force même à l’embrasser de nombreuses fois avec le dessein d’abuser d’elle à un moment.
Rudoiements et simulacres
Le Roi, qui a pourtant planifié ce mariage, n’est pas au courant que Nakaba a du sang de roturier dans les veines. Il y a de nombreuses maladresses scénaristiques, comme lorsque Nakaba interdit à Loki, son fidèle serviteur demi-humain de supprimer Caesar (au moment où il arrive à temps lorsque Caesar s’apprête à consumer son mariage de force), elle dit alors qu’elle ne supporte pas la vue du sang, mais menace toutefois ce dernier de le tuer s’il s’en prend à Loki par la suite…
L’histoire d’amour s’installe de biais avec des émotions qui ne collent pas. Comment Nakaba, qui vient à peine d’arriver, peut déjà aimer son époux qui la rudoie de surcroît ? Les réactions sont disproportionnées, les dialogues fournissent des informations en manquant parfois de naturel.
Peut-on vraiment classer L’Arcane de l’Aube comme un shôjo ? Si la dévotion de Loki envers Nakaba induit des sentiments plus profonds encore ; la violence de nombreux passages me dérange. Entre le Roi qui attaque Loki à table, les insultes, les baisers forcés, le massacre des villageois incluant des enfants… Difficile d’apprécier pleinement L’Arcane de l’Aube avec ces ingrédients cumulés.
En dépit de son trait agréable à regarder, le scénario manque de cohérence comme je le citais plus haut. Nakaba s’évanouit régulièrement, traumatisée par le souvenir enfoui de sa mère assassinée devant ses yeux, toute petite. Encore une incohérence dans cette scène, un bébé, même s’il ne comprend pas ce qu’il voit, hurle, car il ressent quand quelque chose ne va pas. Nakaba, mouchetée de sang, demande à Loki où est sa mère avec un grand sourire. C’est assez surréaliste. Tous ces détails font sortir le lecteur de sa lecture.
Mais alors, qu’est-ce qui sauve L’Arcane de l’Aube finalement ? Le Roi (qui n’était pas au courant que sa bru est une rescapée du massacre qu’il a orchestré, je le rappelle) ; cherche à éliminer toute personne disposant d’un pouvoir temporel. Et Nakaba en a hérité. Ce manga s’articule autour des visions qui peuvent traverser Nakaba, comme lorsqu’elle voit Caesar blessé lors du tournoi équestre, les réminiscences de sa mère, le serpent…
Initialement paru le 28 Avril 2011, cette Red Edition compile deux volumes en 1 pour une collection en 7 volumes.
L’Arcane rudoyé
L’Arcane de l’Aube est un shôjo qui ne fera pas l’unanimité : en y implantant beaucoup de violence, de baisers forcés, de scènes inutilement brusques ; ce marriage of convenience ravira les amateurs du genre, mais mitigera l’ appréciation globale.
