Maths 5ème avec Yvan et Florie Monka

Une vraie méthode autour de YouTube, avec un écran toujours au milieu

Éditeur
Nathan
Date de publication
2 juillet 2026
Nombre de pages
224

Yvan Monka dispose de plus de 1 800 vidéos de mathématiques, de la sixième à la terminale. Cette abondance fait sa force sur YouTube et attire plus de 3 millions d’abonnés, mais elle finit aussi par poser un problème très concret : quand un élève bloque sur une notion de cinquième, encore faut-il trouver la bonne vidéo, au bon niveau, sans ouvrir dix onglets qui traitent presque du même point. Ce livre cherche à parer de ce besoin d’ordre.

Dans Maths 5e avec Yvan & Florie Monka, le vidéaste travaille avec Florie Monka, professeure certifiée qui enseigne en collège. Le duo réunit un cours complet, des méthodes expliquées par étapes, plus de 500 exercices corrigés et 100 vidéos accessibles par QR code. Le tout tient dans 224 pages et suit le programme de cinquième 2026-2027.

Sur la couverture, les chiffres font très bien leur travail. Cent vidéos, cinq cents exercices et une année entière pour 12,90 euros : la proposition paraît difficile à prendre en défaut. Reste une question moins flatteuse pour la communication : pourquoi acheter un livre pour rejoindre une chaîne gratuite, et que reste-t-il vraiment lorsque le téléphone demeure dans une autre pièce ?

Une chaîne trop grande pour rester un sommaire

Le lien avec YouTube a une utilité réelle. Une chaîne de plus de 1 800 vidéos contient forcément plusieurs niveaux, plusieurs méthodes et des contenus publiés à des dates différentes. Une recherche sur un moteur renvoie vite vers une explication proche du sujet, mais pas toujours vers celle qui correspond au chapitre en cours. Ici, les 100 QR codes donnent un chemin plus court et structuré.

Le livre devient une carte : l’élève rejoint la vidéo liée au point travaillé au lieu de fouiller la chaîne. Mais un QR code fait sortir de la page. Il réclame un téléphone ou une tablette, une connexion et un accès à YouTube. Pour une famille qui cherche précisément un support autonome et hors ligne, surtout à une époque d’hyper-connexion, l’un des principaux arguments de la couverture perd donc beaucoup de sa force.

Les vidéos d’Yvan Monka sont de plus déjà disponibles gratuitement. Les faire tenir derrière des QR codes ne suffit donc pas à défendre un prix, même raisonnable. L’achat se joue ailleurs : dans le cours imprimé, les méthodes, les exercices et surtout les corrections. Sans cet ensemble, le livre ne serait qu’un sommaire payant pour une chaîne que chacun peut consulter sans passer par Nathan.

Les exercices résolus et détaillés comptent davantage que le gros nombre placé sur la couverture. Un résultat seul confirme une erreur ; une résolution montre où elle commence. Ici, les corrections prolongent les méthodes et donnent un point de comparaison exploitable. C’est la partie la moins vendeuse du concept, mais c’est elle qui rend le duo papier et vidéo cohérent.

Cinq cents exercices dans 224 pages

Le chiffre impressionne, mais les 224 pages doivent accueillir le cours, les méthodes, plus de 500 exercices, leurs corrections et les renvois vers 100 vidéos. Tous ne peuvent donc pas être de longs problèmes demandant une page de réflexion. Une bonne partie sert forcément à appliquer une règle, répéter un calcul ou vérifier une technique.

Cette répétition a du sens. Savoir refaire une opération sans hésiter, reconnaître la méthode attendue et corriger une étape fausse réclame de la pratique. Le nombre évite aussi d’épuiser un chapitre après quatre questions. On peut reprendre un point précis sans retomber immédiatement sur les mêmes énoncés.

La quantité ne prouve toutefois pas la variété. Un élève peut terminer une série très guidée et rester bloqué dès que la méthode n’est plus indiquée. Le livre fournit une réserve solide pour consolider le programme ; le chiffre de 500 ne répond pas, à lui seul, à toutes les difficultés rencontrées en classe.

Chaque chapitre est présenté autour de trois verbes : comprendre, s’entraîner, maîtriser. Les deux premiers décrivent bien la proposition. Le cours et les méthodes donnent une base, puis les exercices vérifient si elle tient. Le troisième promet davantage. Maîtriser une notion suppose de la reconnaître dans une situation nouvelle et de choisir seul la bonne piste.

Le livre peut conduire vers cette maîtrise, mais il ne peut pas la certifier. Il ne lit pas une copie, ne repère pas une rédaction imprécise et ne demande pas à l’élève de défendre son choix. La formule reste claire, mais elle transforme un parcours de révision en promesse plus large que ce qu’un support parascolaire peut assurer seul.

La présence de Florie Monka empêche le projet de devenir le livre d’un youtubeur qui plaque son nom sur un programme scolaire. Yvan Monka enseigne au lycée ; Florie Monka est professeure certifiée en collège. Pour un livre de cinquième, cette différence apporte le contact direct avec l’âge visé et le rythme d’une classe.

La communication continue pourtant de placer Yvan au centre, jusqu’à parler du « livre de ma chaîne YouTube ». C’est logique pour attirer ceux qui connaissent déjà ses vidéos, mais cela réduit un peu trop le travail commun à une extension de marque. Le titre rend bien leurs deux noms ; le reste du discours vend surtout la célébrité du premier. Le livre paraît plus sérieux dès qu’on le regarde comme un projet de deux enseignants, et pas comme un produit dérivé de YouTube.

L’autonomie n’est pas un bouton

Le système convient très bien à l’élève capable de nommer son blocage. S’il sait quel chapitre reprendre, il peut relire le cours, tenter quelques exercices, vérifier le corrigé et ouvrir la vidéo en dernier recours. Dans ce cas précis, le livre évite qu’un parent doive chercher lui-même une leçon correcte sur internet.

La situation change pour celui qui revient avec une mauvaise note et pense seulement être « nul en maths ». Cinq cents exercices peuvent alors ressembler à cinq cents occasions de se tromper. Le livre ne peut pas déterminer si le problème vient du calcul, de la lecture de l’énoncé, d’une notion plus ancienne ou de la rédaction.

La couverture insiste assez sur l’accompagnement pour que la nuance soit nécessaire. Ce livre aide à travailler seul ; il ne transforme pas tous les collégiens en élèves autonomes dès la première page. La différence paraît mince dans une publicité. Elle devient énorme après un contrôle raté.

À 12,90 euros, le tarif papier reste raisonnable pour 224 pages. Le format de 19 x 26 cm et les 470 grammes destinent surtout le livre au bureau et non aux trajets.

Conclusion :

YouTube trouve sa place dans le cahier

Maths 5ème avec Yvan et Florie Monka
7,5/10

Maths 5e avec Yvan & Florie Monka donne une forme utilisable à une chaîne immense. Les QR codes conduisent vers cent vidéos choisies, le papier conserve le cours et les méthodes, tandis que les exercices corrigés permettent de vérifier autre chose qu’un résultat final. Il existe donc une vraie raison d’acheter le livre alors que les vidéos restent gratuites.

Cinq cents exercices dans 224 pages impliquent beaucoup de formats courts, le mot « maîtriser » promet trop et l’accompagnement dépend encore d’un écran. Le livre aidera surtout l’élève qui sait déjà identifier ce qu’il doit reprendre. Pour celui qui ne sait même plus où il a décroché, il faudra encore une personne capable de poser la bonne question.

Points positifs

  • Une vraie organisation des vidéos d’Yvan Monka pour le programme de cinquième.
  • Le cours, les méthodes, les exercices et les corrections restent réunis sur papier.
  • Plus de 500 exercices pour reprendre plusieurs fois une même notion.
  • Des exercices résolus assez détaillés pour comparer les étapes du raisonnement.
  • Florie Monka apporte l’expérience directe d’une professeure de collège.
  • Un tarif de 12,90 euros cohérent avec les 224 pages et les 100 renvois vidéo.

Points négatifs

  • Les QR codes imposent un écran, une connexion et un accès à YouTube.
  • Le nombre de pages implique beaucoup d’exercices courts.
  • La promesse de « maîtriser » chaque chapitre dépasse ce qu’un livre peut vérifier seul.
  • L’autonomie reste fragile pour un élève incapable d’identifier son blocage.