La Petite Confiserie de l’allée nocturne

Les Confiseries du Kitsune

Éditeur
Hauteville

La petite Confiserie de l’allée nocturne est un roman de Hiyoko Kurisu, paru le 05 Mars 2025 aux Éditions Hauteville dans la collection Kibun. Il se compose de 192 pages.
Bonbons enchantés
Derrière un sanctuaire japonais, dans l’allée Yûyami, apparaissent parfois au crépuscule des boutiques qui semblent tout droit sorties de l’ère Shôwa. L’une d’entre elles semble toujours s’accorder avec l’individu qui franchit les lieux, comme la boutique de musique pour la trompettiste. Néanmoins, toutes sont résolument fermées, à l’exception d’une seule, au bout de la rue : une confiserie étrange, illuminée de lanternes roses et blanches.

Kogetsu est un Kitsune, un esprit renard qui appartient au monde des Yōkais. Il tient la Confiserie Enchantée Kohaku, qui vend des douceurs très singulières : chacune recèle un pouvoir unique. Pour atteindre la Confiserie Enchantée Kohaku, l’âme du client doit être troublée, ce qui l’incite à souhaiter quelque chose. Les frontières avec l’au-delà s’estompent alors et cette rue apparaît temporairement. Chaque protagoniste réagit différemment au contact de l’homme-renard, est-ce du cosplay, de l’excentricité ? Kogetsu laisse entrevoir sa nature dans son discours et parfois, ses attributs.
Des souhaits sucrés
Ce roman nous livre plusieurs histoires en accord avec les pâtisseries traditionnelles mises en vente, capables de résoudre les problèmes de chacun. Kana souhaite passer plus de temps avec son petit-ami et obtenir davantage de chance dans son quotidien. Elle achète les Konpeitô de la Cupidité.

Koguma est un agent immobilier qui complexe sur son physique. Rondouillard, il se souvient que la fille qu’il aimait durant sa scolarité s’est moquée de lui et en conserve une blessure. Il souhaiterait devenir invisible et opte pour les Wasanbon de la Transparence.

Yui est une jeune fille qui réprime ce qu’elle pense réellement. Au sein du trio, Reo ne s’exprime pas et Saya se vante continuellement de sa relation avec son petit-ami. Yui réalise que se taire dégrade la situation ; elle choisit les Monaka de la Vérité.

Risa est persuadée d’être malchanceuse. Elle marche dans les crottes de chien, se fait interroger en classe… Et surtout, elle sait d’avance qu’Ayaka remportera forcément l’audition de trompettiste. Son choix se porte sur les Caramels de la Substitution pour transférer sa malchance aux autres et être sélectionnée.

Chika est une mère au foyer. Elle gère son bébé, Sakura, à temps plein. Son mari ne l’aide pas, se noyant dans le travail, alors tout repose sur elle. La jeune femme doit s’occuper de la cuisine, des tâches ménagères et de l’éducation de Sakura toute seule. Elle aimerait savoir pourquoi sa fille pleure et mieux comprendre le cœur humain. Les Pommes d’Amour de la Certitude l’attirent irrésistiblement.

L’Épilogue raconte le passé de Kogetsu. À une époque lointaine, Akifumi lui a offert des sucreries et s’est lié d’amitié avec lui. Gentiment et patiemment, il lui a enseigné l’art de la pâtisserie. Le Kitsune a finalement fabriqué des Daifuku de l’Au Revoir, pour son propre bien.

Ces petites histoires sont pétries de moralité, invitant les protagonistes à une prise de conscience essentielle. Les bonbons sont certes magiques, mais il y a également une introspection qui les amène à changer. Cette impulsion les pousse à discerner ce qu’ils ont sous les yeux, mais qu’ils ne voient pas, pour diverses raisons.

Kogetsu est très mystérieux, ses clients le prennent pour un excentrique quand il explique qu’il a rarement des clients humains, que sa boutique est fermée les jours de pleine lune et nouvelle lune. Avant qu’ils quittent sa boutique, Kogetsu les met toujours en garde : ne pas dépasser la dose recommandée sur la boîte ; il ne peut être tenu responsable si quelque chose d’étrange se produit…

Conclusion :

Les Confiseries du Kitsune

La Petite Confiserie de l’allée nocturne
8/10

La Petite Confiserie de l’allée nocturne est un roman à l’écriture fluide qui explore les tracas de 5 personnages différents. Kogetsu les laisse choisir la confiserie de leur choix, capable d’exaucer leurs souhaits. Pétri de moralité, chacun comprend quelque chose d’essentiel grâce aux douceurs de l’homme-renard, qui récupère un fragment d’émotion à l’issue de chaque aventure. C’est une bonne lecture, douce comme un bonbon.