Warhammer 40,000: Boltgun 2

Par le bolter et par le feu

Date de sortie
14 octobre 2026
Support
PC
Développeur
Auroch Digital
Genre
FPS

Dans Boltgun 2, on peut hurler sa dévotion à l’Empereur avec une touche dédiée pendant qu’on découpe les démons qui se présentent. Voilà un jeu qui a le sens des priorités. Le premier épisode avait déjà très bien compris ce que Warhammer 40,000 pouvait apporter à un FPS rétro : des armes démesurées, des ennemis monstrueux et cette satisfaction assez primaire de faire exploser tout ce qui dépasse.

Trois ans plus tard, Auroch Digital repart au combat avec Malum Caedo et lui ajoute une Sœur de Bataille, Nyra Veyrath. La campagne multiplie les mondes et propose plusieurs parcours au lieu d’imposer un seul chemin. Le studio conserve la vitesse et la brutalité qui faisaient le plaisir de Boltgun, tout en essayant de rendre la promenade moins répétitive.

Cette suite a largement de quoi occuper les amateurs de carnage impérial. Elle traîne aussi quelques ennemis coincés dans les murs et des passages qui font sérieusement retomber le rythme. Les nouveautés donnent envie de s’y remettre, mais suffisent-elles à justifier une nouvelle campagne contre le Chaos ?

Caedo ou Nyra

Malum Caedo, c’est le Space Marine du premier épisode, toujours aussi peu disposé à discuter avec les forces du Chaos. Il encaisse bien, charge pour dégager le passage et s’accroche à ses cibles à l’épée tronçonneuse. Son bolter et son fusil à pompe accompagnent très bien cette manière de foncer dans les problèmes. Le recul du fusil peut même envoyer un ennemi par-dessus une corniche. Quand le décor peut terminer le travail, autant en profiter.

Nyra Veyrath demande de bouger autrement. La Sœur de Bataille supporte moins bien les dégâts, mais sa glissade lui permet de traverser les petits ennemis à l’épée énergétique et de ressortir de l’autre côté du groupe. Elle a tout intérêt à profiter de cette mobilité au lieu de rester plantée devant une cible. Son lance-flammes permet de nettoyer les foules sans renoncer à sa vitesse, tandis que sa bombe à fusion réserve une réponse nettement plus violente aux situations encombrées.

Cette bombe demande un peu de préparation avant le lancer. Elle offre donc moins de spontanéité qu’une grenade de Caedo, mais bien placée, elle fait des ravages. C’est ce genre de différence qui rend le choix du personnage intéressant. On retrouve les mêmes salles et les mêmes objectifs, mais pas tout à fait les mêmes réflexes pour s’en sortir. Nyra donne une bonne raison de recommencer sans avoir besoin de prétendre qu’elle change entièrement la nature du jeu.

Le choix se fait au lancement de la campagne et reste fixé pour la partie. Impossible de prendre Caedo pour encaisser un passage difficile puis de sortir Nyra à la salle suivante. Chacun doit faire avec ses armes et ses capacités jusqu’au bout, ce qui laisse le temps de réellement apprendre à les exploiter.

Le plaisir de vider un chargeur

Le gros point fort de Boltgun 2 reste le contact avec les armes. Le bolter cogne, le fusil à pompe repousse et le lance-flammes transforme une pièce pleine d’ennemis en un endroit nettement moins fréquentable. Le son participe autant au résultat que les gerbes de pixels. Il y a du bruit, des impacts et des réactions suffisamment franches pour que la puissance ne reste pas un simple chiffre dans un menu.

Dans les Purges, les sorties se ferment et les ennemis arrivent par vagues. Il faut tourner dans l’arène, éviter les tirs, ramasser de quoi tenir et choisir rapidement ce qu’on veut abattre en premier. Les attaques au corps à corps trouvent leur place dans cette circulation. Elles permettent de revenir au contact et d’achever une menace au lieu de passer tout le combat à reculer avec le doigt sur la détente.

Les secrets donnent aussi de bonnes raisons de quitter le chemin principal. La bénédiction de l’Omnimessie renforce l’arme équipée pour le reste du niveau : mieux vaut donc éviter de la ramasser machinalement avec n’importe quoi entre les mains. Ce bonus a un effet immédiat sur la partie en cours. Il n’y a pas d’arbre de compétences à remplir entre les missions, et ce n’est pas un manque à combler absolument. Le jeu fonctionne très bien quand il se concentre sur les armes disponibles et sur ce qu’on peut en faire tout de suite.

Le Chaos fournit la main-d’œuvre

Les quatre dieux du Chaos sont représentés, avec les créatures de Nurgle et de Tzeentch, mais aussi les troupes de Khorne et de Slaanesh. Les Démonettes bondissent, les Noise Marines utilisent leurs armes soniques et les Écraseurs de sang chargent sans beaucoup d’égards pour ce qui se trouve devant eux. Ces arrivées font du bien au bestiaire et obligent à surveiller autre chose que le gros ennemi au milieu de la pièce.

Les meilleurs affrontements mélangent justement ces menaces. Ce qui fonce au corps à corps force à bouger pendant que les tireurs occupent les autres angles. On peut avoir une arme excellente pour faire le ménage et tout de même se retrouver débordé faute d’avoir regardé sur les côtés. C’est là que Boltgun 2 devient vraiment plaisant : les adversaires donnent une raison de se servir de toute cette mobilité au lieu de vider le même chargeur au même endroit.

L’IA vient malheureusement gâcher une partie du travail. Un ennemi imposant qui bute contre le décor ou ne réagit pas correctement à un tir lointain perd assez vite de sa superbe. Il arrive de pouvoir arroser une cible depuis un angle où elle ne parvient pas à répondre. Dans un jeu qui vend autant la violence du face-à-face, c’est tout de même dommage de gagner parce que le monstre ne sait plus quoi faire de ses jambes.

La difficulté peut aussi devenir brouillonne lorsque les projectiles s’accumulent. La santé fond très vite et l’écran n’explique pas toujours clairement d’où venait le danger. Les réglages permettent de diminuer le défi, jusqu’à activer l’invulnérabilité pour profiter tranquillement du massacre, mais ils ne réparent pas ces irrégularités. Entre l’adversaire trop passif et la salve qui punit brutalement, les combats manquent encore un peu de constance.

Plus de mondes, mais toujours des clés

La campagne emmène cette fois Caedo ou Nyra sur plusieurs mondes pour traquer Vashtorr l’Arkifane, une entité démoniaque liée aux machines et à leurs créateurs. L’histoire reprend après le premier jeu, sans exiger d’en connaître tous les détails. Le servo-crâne donne les informations utiles et les protagonistes se chargent surtout de commenter le massacre. Le scénario reste un prétexte, mais il remplit correctement son rôle : nous envoyer ailleurs sans imposer une conférence sur le Chaos entre deux portes.

Et cet ailleurs fait une vraie différence. Les mangroves, les installations gelées et les fortifications industrielles changent davantage que la couleur du décor. Le passage entre deux trains en mouvement ou la fuite devant la montée de lave ajoutent des contraintes qui coupent avec les arènes habituelles. Les escortes et les cibles particulières à éliminer apportent aussi quelques variations. Boltgun 2 est plus agréable quand il utilise ses lieux pour faire autre chose que disposer des ennemis dans une salle.

Il retombe néanmoins assez souvent sur les clés, les interrupteurs et les portes verrouillées. La variété des décors ne suffit pas à faire oublier la répétition des objectifs pendant une longue session. Certaines phases de plateforme accentuent le problème : les déplacements, très efficaces pour traverser un combat, deviennent moins confortables lorsqu’il faut atterrir précisément au bord du vide. Le personnage peut donner l’impression de glisser là où on voudrait simplement qu’il s’arrête.

La carte et le guide de navigation facultatif aident à retrouver la bonne direction. Pouvoir demander le chemin après une Purge évite de passer autant de temps à chercher une sortie qu’à vider la zone. Reste que certains niveaux demeurent confus et que la carte réclame un peu d’habitude. Chercher un bonus caché, c’est une chose ; refaire trois fois le tour d’un endroit nettoyé parce qu’on ne trouve pas la bonne porte, c’en est une autre. Le jeu a progressé sur ce point sans avoir réglé tous ses problèmes.

Les embranchements de la campagne donnent le choix entre plusieurs destinations. Il y a 33 cartes au total, mais une partie n’en fait pas parcourir la totalité. On laisse des missions de côté en choisissant un chemin plutôt qu’un autre. Ce fonctionnement encourage à revenir voir ce qu’on a manqué, sans faire croire que chaque décision va bouleverser l’histoire. Les parcours changent, pas son issue.

Repartir avec l’autre personnage permet de profiter assez naturellement de ces niveaux supplémentaires. La limite, c’est qu’une partie du trajet reste commune. Les deux héros offrent de nouvelles habitudes de combat, mais ils ne possèdent pas chacun leur campagne indépendante. Si l’envie de tirer s’est épuisée au bout du premier parcours, les autres embranchements ne suffiront probablement pas à la faire revenir.

Pour rejoindre la fin une première fois, il faut prévoir environ six à dix heures selon la difficulté et l’attention portée aux secrets. Les parcours alternatifs et la sélection des niveaux prolongent ensuite l’ensemble. À 24,99 €, le contenu est tout à fait correct. La campagne a surtout la bonne idée de rester assez courte pour qu’on puisse avoir envie de la relancer plutôt que d’en sortir épuisé.

Un beau bordel à l’écran

Boltgun 2 garde ses personnages en sprites et ses décors en 3D. Les silhouettes de figurines, les armes énormes et les constructions démesurées donnent toujours beaucoup de caractère à l’image. On reconnaît immédiatement Warhammer 40,000 dans ces forteresses encombrées de machines et dans ces lieux rongés par le Chaos. Le style rétro n’empêche ni les changements d’ambiance ni le plaisir de regarder les détails entre deux affrontements.

En revanche, l’accumulation d’effets finit parfois par cacher ce qu’il faudrait voir. Les flammes et les explosions sont très réussies, mais elles peuvent recouvrir un ennemi, un projectile ou un danger du décor. Le spectacle devient alors son propre problème. Se faire toucher parce qu’on a mal esquivé est normal ; se faire toucher parce qu’on ne distingue plus grand-chose au milieu des effets l’est beaucoup moins.

Les armes profitent d’un excellent travail sonore et la musique lourde de Matthew Walker soutient bien l’action. Mick Gordon apporte aussi un morceau pour le boss final. La bande-son pousse au massacre sans que chaque thème soit forcément mémorable une fois le jeu quitté. Ce sont surtout les détonations et les provocations des héros qui donnent du caractère aux affrontements.

Rahul Kohli retrouve Caedo et Alanah Pearce interprète Nyra. Leurs répliques accompagnent très bien cette foi impériale qui consiste à hurler plus fort avant de tirer. Les textes et les sous-titres sont en français, mais les voix restent anglaises. On comprend l’aventure sans difficulté particulière ; une VF aurait tout de même été bienvenue pour profiter des provocations sans devoir les lire au milieu du carnage.

Conclusion :

Un sacré bon défouloir

Warhammer 40,000: Boltgun 2
8,5/10

Boltgun 2 donne de très bonnes raisons de reprendre les armes. Caedo reste excellent dans son rôle de démolisseur impérial, Nyra apporte une mobilité vraiment plaisante et les nouveaux mondes évitent de revoir constamment les mêmes endroits. Les armes font l’essentiel du travail, avec assez de puissance et de variété pour donner envie d’enchaîner les combats. Auroch Digital sait toujours très bien pourquoi on aime tirer dans Warhammer 40,000.

Il reste de l’IA maladroite, des passages qui cassent le rythme et des affrontements parfois trop chargés pour être correctement lisibles. Les embranchements ne font pas non plus disparaître la répétition. Mais le plaisir du massacre tient largement face à ces réserves. C’est une vraie bonne suite, plus riche et plus variée, qui méritait simplement des ennemis moins maladroits et quelques niveaux mieux réglés.

Points positifs

  • Des armes qui donnent réellement une impression de puissance
  • Nyra apporte une autre manière de bouger et de gérer les combats
  • Des mondes plus variés et un bestiaire enrichi
  • Les autres parcours et les secrets donnent envie de recommencer
  • Une direction artistique qui rend très bien la démesure de Warhammer 40,000

Points négatifs

  • Des ennemis encore trop souvent bloqués ou mal placés pour riposter
  • Les effets peuvent nuire à la lecture des combats
  • Des objectifs qui restent répétitifs
  • Quelques passages de navigation et de plateforme laborieux
  • Une finition de lancement insuffisante et des soucis de succès encore présents