Puzzle Bobble Everybubble!
La bulle qui revient éclater sur PC
- Date de sortie
- 23 avril 2026
- Support
- PC
- Développeur
- TAITO CORP., ArcSystemWorks
- Éditeur
- ArcSystemWorks
- Genre
- Puzzle
- Langue
- Français 🇫🇷
Puzzle Bobble Everybubble! débarque enfin sur PC après être passé par les consoles, avec la lourde tâche de faire revenir une formule que tout le monde connaît déjà par cœur. Bub, Bob et les bulles colorées reviennent dans une version qui ne cherche pas à réinventer le puzzle game, mais à le densifier. La promesse est simple: garder la précision du lance‑bulle, multiplier les modes et transformer un vieux réflexe d’arcade en jeu de salon moderne, jouable en solo comme à quatre.
Sur ce point, Everybubble! assume son héritage sans rougir. La base est intacte, le contenu est massif, le multijoueur tient la route, et l’ensemble tourne sans problème sur une machine modeste. Reste à savoir si cette version Steam apporte assez à ceux qui ont déjà poncé la série ailleurs, et si le portage PC va plus loin que le simple copier‑coller d’un jeu pensé d’abord pour la manette.
Une mécanique vieille comme la Neo Geo, toujours efficace
Le coeur d’Everybubble! reste le même que celui de Puzzle Bobble en 1994. Un lanceur en bas de l’écran, des bulles de couleur en haut, et une simple règle: aligner au moins trois bulles identiques pour les faire éclater et vider le plateau avant que tout ne vous tombe dessus. Le tir peut être ajusté au pixel près, banké sur les parois, et tout le plaisir repose sur ces micro‑corrections qui transforment une trajectoire moyenne en coup parfait.
Taito ne touche pas à cette base, et c’est une bonne chose. La physique est propre, la lisibilité impeccable, les réactions des bulles restent prévisibles. On retrouve immédiatement ce mélange de logique et de réflexe qui faisait la force des épisodes arcade: viser, anticiper un rebond, préparer un “nettoyage” massif en coupant une colonne entière au bon endroit. Même après des dizaines d’itérations et de clones mobiles, la boucle tient encore.
Les nouveautés viennent se greffer autour sans alourdir la prise en main. Certains niveaux introduisent des blocs spéciaux, des bulles verrouillées, des items qui modifient les trajectoires ou les couleurs disponibles. Rien qui transforme le jeu en puzzle indéchiffrable, mais suffisamment de variations pour éviter la sensation de rejouer éternellement le même tableau maquillé.
Story Mode, tours, bonus: une pluie de contenu
Everybubble! organise son contenu autour d’un Story Mode qui sert à la fois de campagne et de gros tutoriel étendu. On progresse sur une carte, île après île, avec une quinzaine de stages par zone, chacun noté jusqu’à trois étoiles selon des objectifs précis: finir en dessous d’un certain temps, sauver un nombre de personnages, nettoyer complètement le plateau, etc.
Cette structure a plusieurs avantages. Elle introduit progressivement les nouvelles mécaniques, elle donne des objectifs clairs et elle pousse naturellement à rejouer les niveaux pour décrocher les trois étoiles, débloquer les versions EX plus coriaces et gonfler la durée de vie. On est loin du simple mode “endless” qui tournait en boucle sur les premières versions: Everybubble! propose un vrai parcours, avec des pics de difficulté bien placés et quelques stages qui demandent de réfléchir plus que de tirer au réflexe.
À côté, le jeu empile les modes comme un buffet. La tour du Baron propose un mode survie avec classement en ligne, où il s’agit de tenir le plus longtemps possible sous une pluie de bulles, en quête de score et de rang. Le versus permet d’affronter d’autres joueurs en local ou en ligne, en 1v1 ou 2v2, avec l’envoi de bulles “parasites” chez l’adversaire dès que l’on enchaîne les réactions en chaîne. Un mini‑jeu mélange même Puzzle Bobble avec Space Invaders, curiosité sympathique surtout à plusieurs, moins indispensable seul.
Sur PC, tout cela est présent tel quel. Everybubble! ne vient pas amputé de contenu, au contraire: l’ensemble de la structure de la version console se retrouve intacte sur Steam, avec un paquet de stages qui dépasse largement ce que l’on attendait d’un simple retour de licence.
Jusqu’à quatre joueurs, y compris sur PC
L’une des vraies nouveautés de cet épisode est la place donnée à la coopération. Il est possible de jouer jusqu’à quatre en Story Mode, chacun avec son canon, pour nettoyer les mêmes tableaux en équipe plutôt que seul. À deux ou trois, le jeu gagne immédiatement en nervosité: on se répartit grossièrement les côtés, on se marche un peu dessus, on déclenche parfois des catastrophes en voulant bien faire, et les meilleurs moments naissent autant de la coordination que du chaos.
Sur PC, cette dimension fonctionne très bien. Le jeu prend en charge les manettes (Xbox, DualShock, DualSense, Steam Input) et accepte sans broncher la connexion de plusieurs contrôleurs pour la coopération locale. Le Remote Play Together de Steam permet même de simuler un canapé à distance, ce qui donne à Everybubble! un vrai avenir en soirées improvisées, même si tout le monde ne peut pas se réunir physiquement.
Côté versus, le netcode tient le choc. Les parties en ligne ne reposent pas sur des réflexes millimétrés façon jeu de combat, ce qui laisse une marge à la latence. Les affrontements restent tendus, les renvois de bulles punitifs, et l’esprit des vieilles bastons à Puzzle Bobble est bien là, avec cette joie mauvaise qui accompagne chaque envoi de mur de bulles chez l’adversaire.
Un portage PC propre, mais très console dans l’âme
Techniquement, Puzzle Bobble Everybubble! ne mettra aucun PC récent à genoux. Le jeu tourne sur Windows 10, demande 4 Go de RAM, une simple GeForce GTX 950 et 3 Go d’espace disque. Sur cette base, la version Steam propose une image nette, des temps de chargement courts et une stabilité exemplaire. Ce n’est pas un jeu qui cherche à impressionner, mais il respecte le matériel.
On sent en revanche à chaque écran que le titre a été pensé pour une console avant tout. Les menus sont clairement calibrés pour la manette, certains écrans ignorent à moitié la souris, et le clavier est supporté mais jamais mis en avant comme option naturelle. Rien d’insurmontable, mais on n’est pas face à une adaptation qui aurait profité du passage sur PC pour repenser l’interface ou offrir des options avancées.
Même constat pour les réglages vidéo et audio: l’essentiel est là, mais on ne trouve pas la granularité à laquelle le joueur PC est habitué. On choisit une résolution, un mode d’affichage, on ajuste le volume, et c’est tout. Pas de gestion fine des affichages ultra‑larges, pas de paramètres détaillés pour des éléments précis de l’interface. Everybubble! arrive en bloc, dans un état propre, mais sans chercher à tirer parti de ce que la plateforme peut offrir de plus.
Un excellent Puzzle Bobble, un portage PC sans surprise
Puzzle Bobble Everybubble! est un retour très solide d’une formule qui n’a jamais vraiment quitté les écrans, mais qui n’avait pas connu un épisode aussi généreux depuis longtemps. Le Story Mode dense, la tour du Baron, le versus local et en ligne, ainsi que la coopération jusqu’à quatre donnent au jeu une ampleur qui dépasse largement le simple clin d’œil nostalgique. Sur PC, le gameplay reste impeccable, la technique tient la route et la manette trouve immédiatement sa place.
Le portage, en revanche, ne cherche jamais à dépasser le cadre de la conversion fidèle. Interface très console, options limitées et un prix qui se positionne clairement dans le haut du panier pour ce format. Pour qui veut un Puzzle Bobble moderne, complet et parfaitement jouable sur Steam (ou Steam Deck), Everybubble! est une valeur sûre. Pour qui attendait un épisode qui tirerait parti du PC pour aller plus loin que la copie conforme d’un jeu console, il faudra accepter que la bulle reste dans les clous.
Points positifs
- Un gameplay Puzzle Bobble toujours aussi précis et satisfaisant, parfaitement transposé.
- Un Story Mode très généreux, rempli de stages, de variantes et de défis à trois étoiles.
- Un multijoueur complet: co‑op jusqu’à quatre, versus local et en ligne, tour du Baron avec classement.
- Une version PC techniquement propre, qui tourne sur des configurations modestes et supporte bien les manettes.
Points negatifs
- Interface et menus très marqués “console”, peu d’options spécifiques au PC.
