Cyberdimension Neptunia: 4 goddesses online

Le faux MMO qui sait à qui il parle

Date de sortie
27 février 2018
Support
PC
Genre
Action / RPG

Cyberdimension Neptunia: 4 Goddesses Online part d’une blague que la série Neptunia pouvait difficilement laisser passer : envoyer ses déesses jouer à un MMO inspiré d’elles-mêmes. Le jeu transforme Gamindustri en terrain de cosplay fantasy, mélange action-RPG, fan service, dialogues méta et faux système de raid en ligne. C’est idiot, volontairement. C’est aussi exactement le genre d’idée que la licence sait rendre plus amusante qu’elle ne devrait.

Sur PC, cette version reprend l’épisode sorti auparavant sur PlayStation 4, avec son action en temps réel développée avec Tamsoft, ses douze personnages jouables, ses donjons à quatre membres, ses compétences à mapper, ses accessoires cosmétiques et son multijoueur en ligne qui mime davantage l’ambiance MMO qu’il n’en reproduit vraiment la profondeur.

Le jeu n’a jamais eu vocation à convertir ceux qui ne supportent pas Neptunia. Il parle aux habitués, à ceux qui aiment Neptune, Noire, Blanc, Vert et tout ce que cette série traîne de second degré, de private jokes et de comédie otaku. La vraie question est ailleurs : ce spin-off a-t-il assez de jeu derrière ses clins d’oeil, ou se contente-t-il d’être un épisode de plus pour fans déjà acquis ?

Gamindustri se connecte

Le récit épouse la bêtise assumée de son concept. Les héroïnes entrent dans 4 Goddesses Online, bêta d’un jeu en ligne qui reprend les codes de l’heroic fantasy, mais avec cette couche Neptunia qui transforme tout en commentaire sur le jeu vidéo. Les déesses jouent à être des personnages, rencontrent des versions mythifiées d’elles-mêmes, commentent les quêtes, les guildes, les archétypes.

Ce n’est pas une grande histoire, mais c’est un bon pretexte. Cyberdimension trouve ses meilleurs moments dans les dialogues, les interactions de groupe, les réactions absurdes face à des situations très classiques de MMO. La série a toujours aimé regarder le jeu vidéo en coin. Ici, elle le fait avec un cadre plus lisible que dans beaucoup d’autres spin-off.

L’écriture reste cependant inégale. Certaines blagues fonctionnent parce qu’elles assument leur absurdité. D’autres tirent trop longtemps sur la corde du clin d’oeil. Le jeu parle surtout à ceux qui connaissent déjà les personnages et leurs dynamiques. Un nouveau venu peut suivre, mais il perdra une partie du plaisir, celui qui vient des retrouvailles plus que de la découverte.

Cyberdimension a pourtant une qualité réelle : il donne au groupe une atmosphère de vacances. Les héroïnes ne sont pas là pour sauver Gamindustri d’une crise existentielle. Elles jouent, se chamaillent, prennent le monde fantasy comme un prétexte à se réinventer. Cette légèreté donne au jeu son charme principal.

Une action plus agréable que profonde

Le passage à l’action en temps réel fait du bien à la formule. Les combats sont simples, nerveux, faciles à lire. On contrôle un personnage, les autres suivent, les compétences se déclenchent rapidement, les ennemis tombent dans un rythme de hack’n slash léger. Tamsoft connaît ce genre de plaisir immédiat, celui qui ne demande pas trente menus avant de laisser taper.

Les douze personnages jouables apportent une variété honnête. Chacun a son arme, ses compétences, son rôle plus ou moins marqué. Le jeu donne envie d’essayer plusieurs héroïnes, de trouver celle dont le rythme colle le mieux, puis d’empiler les accessoires et les attaques jusqu’à obtenir une petite équipe confortable.

Mais Cyberdimension atteint vite son plafond. Les donjons se ressemblent, les ennemis manquent de diversité, et la progression repose plus sur l’accumulation que sur une vraie évolution des situations. On améliore, on équipe, on repart, mais le jeu change rarement de langage. Il devient agréable comme une routine, pas passionnant comme un système.

Le multijoueur en ligne ajoute une couche amusante, surtout parce qu’il renforce l’illusion de MMO que le jeu parodie. Il ne faut pas en attendre une profondeur de raid, ni une grande stratégie de groupe. C’est un bonus sympathique, un prolongement naturel de l’idée, pas le coeur d’un vrai jeu en ligne.

Cyberdimension réussit donc son action tant qu’on lui demande de divertir. Il échoue dès qu’on attend de lui une vraie exigence de combat. Les coups sortent bien, les compétences brillent, les chiffres montent. Puis la lassitude arrive, doucement, parce que le jeu a déjà montré presque tout ce qu’il savait faire.

Un port PC propre, mais sans miracle

La version PC a le mérite d’être correcte. Elle propose une image propre, des performances globalement solides et une interface qui reste lisible au clavier comme à la manette, même si cette dernière demeure clairement le choix naturel. Le jeu ne cherche pas à devenir autre chose sur PC. Il se contente surtout de rendre l’épisode plus accessible.

Les options restent limitées, et l’ensemble garde son origine console. Ce n’est pas un port honteux, mais ce n’est pas non plus une adaptation luxueuse. Les textures, les animations et les environnements affichent vite les limites de production de la série. Cyberdimension a de la couleur, des personnages soignés, des costumes, des effets. Il a beaucoup moins de décors capables de laisser un souvenir.

L’absence de français pèse aussi. Le jeu repose énormément sur ses dialogues, ses blagues et son ton méta. Le jouer en anglais n’est pas un problème pour tout le monde, mais cela ferme une partie du plaisir à ceux qui auraient aimé suivre les échanges sans effort.

La bande-son et les voix font le travail attendu. Les personnages ont cette énergie familière qui donne tout de suite une place aux habitués. Cyberdimension n’a pas besoin d’être spectaculaire pour plaire à son public. Il doit surtout rester vivant, coloré, bavard. Sur ce point, il tient sa ligne.

Conclusion :

un bon spin-off, pas une révolution

Cyberdimension Neptunia: 4 goddesses online
7/10

Cyberdimension Neptunia: 4 Goddesses Online est un jeu de fans, et il l'assume sans honte. Son idée de faux MMO fonctionne, son casting garde son charme, et son action en temps réel donne à la série une légèreté agréable. Sur PC, l'épisode reste propre, accessible, et suffisamment généreux pour offrir quelques bonnes heures aux habitués de Gamindustri.

Mais il ne va pas beaucoup plus loin. Les donjons se répètent, le combat manque de profondeur et l'absence de français limite l'accès à une écriture pourtant centrale. Un spin-off sympathique, parfois drôle, souvent confortable, mais qui doit son intérêt à Neptunia plus qu'à ses qualités d'action-RPG.

Points positifs

  • Un concept de faux MMO parfaitement adapté à Neptunia.
  • Un casting toujours efficace pour les fans.
  • Douze personnages jouables aux styles assez différents.
  • Un port PC propre et agréable à la manette.

Points negatifs

  • Des donjons trop répétitifs.
  • Un combat vite limité.
  • Aucune traduction française.