T.Flight Hotas 5 Microsoft Flight Simulator Edition

Le T.Flight trouve enfin la précision qui lui manquait

Constructeur
Thrustmaster
Date de sortie
12 juin 2026
Prix public
99,99 €

Pendant plus de dix ans, les joueurs PlayStation intéressés par la simulation aérienne ont dû se contenter du T.Flight Hotas 4. Son prix restait accessible et sa compatibilité avec la PS5 lui a donné une carrière bien plus longue que prévu, mais son capteur 10 bits, sa coque très plastique et son nombre limité de commandes accusaient le poids des années. L’arrivée de Microsoft Flight Simulator 2024 sur la console de Sony rendait un remplacement nécessaire.

Le T.Flight Hotas 5 Microsoft Flight Simulator Edition reprend pourtant presque tout de son prédécesseur. Le mot HOTAS signifie « Hands On Throttle And Stick » : une main reste sur le manche, l’autre sur la manette des gaz, afin de contrôler l’appareil sans revenir sans cesse à une manette classique. Thrustmaster conserve cette formule simple, ajoute deux boutons, passe la lecture des axes en 16 bits et habille le tout en blanc, noir et bleu.

Le matériel vise clairement une première installation, pas un cockpit complet. Cette retenue peut être une force si la précision progresse vraiment, mais elle devient plus difficile à défendre quand le profil logiciel promis n’est pas prêt. Le Hotas 5 remplace-t-il enfin le vieux modèle PlayStation, ou se contente-t-il de moderniser son capteur avant que les jeux ne sachent pleinement quoi en faire ?

Un Hotas 4 presque intact

Le premier contact ne laisse aucun doute sur la filiation. Le manche se trouve à droite, la manette des gaz à gauche et les deux bases reprennent presque exactement les formes du Hotas 4. Les dimensions atteignent 350 mm de large, 200 mm de profondeur et 235 mm de haut lorsque les deux éléments sont réunis. Le poids de 2,06 kg évite que l’ensemble parte au premier mouvement, sans lui donner l’inertie d’un équipement métallique.

La coque reste intégralement dominée par le plastique. Les assemblages sont corrects, les bases ne paraissent pas creuses et les commandes principales offrent assez de résistance pour ne pas sembler molles. L’objet conserve néanmoins un aspect de périphérique grand public, logique dans cette gamme de prix. Les vis, les lignes du moulage et les larges surfaces blanches ne cherchent jamais à imiter un vrai poste de pilotage.

Ce choix est cohérent avec le tarif, mais le chiffre 5 peut laisser croire à un renouvellement plus profond. Thrustmaster n’a pas redessiné l’ergonomie, ajouté une rangée d’interrupteurs ni adopté une construction modulaire. Les propriétaires du Hotas 4 retrouvent la même position des mains, les mêmes grandes commandes et presque les mêmes limites. La nouvelle couleur rend le produit plus propre à côté d’une PS5 ; elle ne transforme pas l’ancien châssis.

Le format a cependant déjà prouvé qu’il pouvait tenir sur un bureau, une tablette ou les genoux. Il ne réclame ni support spécialisé ni montage permanent. Un débutant comprend immédiatement quel bloc dirige l’appareil et lequel contrôle la poussée. Le Hotas 5 ne réinvente pas la série, mais il conserve ce qui la rendait facile à installer et si grisant à prendre en main, tout en améliorant l’ancienne version de manière significative.

Les 16 bits changent réellement le pilotage

La vraie évolution se trouve sous le manche. Le Hotas 4 lisait ses mouvements sur 10 bits, soit 1 024 valeurs théoriques par axe. Le Hotas 5 passe à 16 bits, ce qui porte cette lecture à 65 536 valeurs. Le nombre est impressionnant, mais il ne faut pas le traduire par un périphérique soixante-quatre fois meilleur. La course du manche, le ressort, les frottements et les zones mortes du jeu continuent de limiter ce que la main peut réellement produire.

Le progrès reste immédiatement utile dans les petites corrections. Sur un avion léger, garder les ailes à plat demande moins de mouvements brusques. En approche, le nez peut être replacé avec une pression plus fine au lieu d’alterner entre une commande trop faible et une autre trop forte. Un hélicoptère profite également de cette lecture plus régulière, car le moindre écart sur le manche peut modifier toute la trajectoire.

La résistance se règle avec une molette placée sous la base. À gauche, le manche devient plus léger et réagit à des gestes courts. À droite, le ressort oppose davantage de force et aide à éviter les commandes involontaires. Le réglage ne modifie pas électroniquement la courbe ; il change seulement l’effort mécanique. Pour ajuster la sensibilité ou la zone morte, il faut toujours entrer dans les options du jeu.

Le retour au centre reste marqué. Cette tension aide dans un jeu de combat aérien, où les changements de direction sont francs, mais elle paraît moins naturelle lors d’une correction minuscule dans un avion civil. Les 16 bits réduisent le manque de finesse électronique sans effacer le caractère mécanique du T.Flight. C’est une amélioration importante qui rends le produit particulièrement appréciable, surtout dans cette gamme de prix.

Un manche confortable et une manette de gaz marquée

Le manche possède un large repose-main et une poignée épaisse. La gâchette tombe naturellement sous l’index, tandis que le chapeau chinois se place sous le pouce. Cette petite croix multidirectionnelle sert à déplacer la vue autour de l’avion, à gérer le trim ou à recevoir quatre commandes selon le jeu. La rotation de la poignée contrôle le lacet, c’est-à-dire la rotation de l’appareil autour de son axe vertical. Cette commande remplace un palonnier au sol pour les premiers vols. Elle peut être verrouillée avec une vis placée sous le repose-main si le pilote préfère employer le levier arrière de la manette des gaz ou un pédalier TFRP.

La forme convient bien à une main droite moyenne. Le repose-main, la gâchette et la position des boutons imposent le manche à droite. Aucune version inversée n’est proposée. Après une longue session, la position reste correcte tant que les bases sont assez basses. Posé trop haut sur un bureau, le manche oblige à relever l’épaule et finit par fatiguer. Les filetages M6 présents sous les bases permettent heureusement de fixer les deux blocs sur un support de simulation. Ils donnent une solution propre sans imposer cet achat dès le départ.

La manette de gauche contrôle la puissance du moteur sur une course assez longue pour distinguer une poussée faible, une montée et la pleine puissance. Son point central se ressent sous la main. Cette butée à 50 % aide à retrouver une position neutre ou intermédiaire sans quitter l’écran des yeux. La force demandée est aussi plus élevée que sur le Hotas 4, ce qui limite les déplacements involontaires.

Un levier à bascule se trouve derrière la poignée. Il peut commander le lacet à la place de la rotation du manche. Cette seconde méthode demande moins de torsion du poignet et produit des corrections progressives avec les doigts. Elle devient particulièrement pratique quand le manche est verrouillé ou lorsque les deux mains doivent rester stables.
La poussée peut être calibrée directement sur PS5, PS4 ou PC, sans pilote particulier. La procédure consiste à maintenir deux boutons, placer la manette au centre puis valider avec la touche PS.

Le bloc manque cependant de commandes secondaires. Une molette pour le trim, un mini-joystick, un second chapeau ou plusieurs interrupteurs auraient réduit le recours aux menus. Thrustmaster conserve une manette des gaz agréable et simple, mais sa forme occupe beaucoup de place pour le nombre d’entrées réellement disponibles.

Le manche et la manette des gaz sont livrés séparés. Ils peuvent rester indépendants sur un bureau, avec un clavier placé entre eux, ou être réunis pour former une base unique. Deux vis Allen verrouillent alors l’ensemble et le câble intermédiaire s’enroule sous la manette des gaz. La clé nécessaire est fournie et dispose de son propre logement sous la base.

Le câble fixe entre les deux blocs mesure environ 50 cm. Il suffit pour laisser un clavier compact au centre, beaucoup moins pour installer le manche et la poussée de chaque côté d’un fauteuil large. Aucun connecteur ne permet de le remplacer proprement par un modèle plus long. Le câble USB-A vers la console ou le PC est lui aussi solidaire du périphérique, réduisant grandement sa réparabilité.

Le produit annonce cinq axes, quatorze boutons d’action, une gâchette et un chapeau chinois. Les commandes PlayStation habituelles, dont PS, Créer et Options, sont intégrées. Deux boutons supplémentaires prennent place sous la manette des gaz, mais leurs surfaces ne portent aucun repère clair. Il faut retenir leur numéro ou vérifier la configuration du jeu.
Pour Aces of Thunder, Elite Dangerous ou un avion simple dans Microsoft Flight Simulator 2024, cette quantité couvre les actions essentielles : tir, changement de vue, train, volets, frein, trim et quelques fonctions moteur. Un appareil civil complexe dépasse vite ce cadre. Les radios, l’autopilote, les feux, le mélange, les pompes et les écrans réclament encore une souris, un clavier ou une manette.

Le problème ne vient pas seulement du total. Un second chapeau et deux petites molettes auraient donné plus de valeur qu’une paire de boutons sans nom. La main gauche dispose d’une grande surface, mais peu de commandes tombent autour des doigts. L’organisation reste très facile à mémoriser ; elle devient limitée dès que le pilote cherche à ne plus lâcher les deux poignées.

Le Plug & Play manque encore

La boîte et le nom Microsoft Flight Simulator laissent attendre une reconnaissance immédiate. Le branchement est bien simple : USB-A, choix du mode par le bouton dédié, puis connexion au profil PlayStation. La diode devient rouge sur PS5, bleue sur PS4 et verte sur PC. Le micrologiciel doit pourtant être mis à jour pour obtenir le fonctionnement prévu.

Le défaut le plus gênant se trouve dans Microsoft Flight Simulator 2024. Début août 2026, le profil natif du Hotas 5 n’est toujours pas disponible. Sur PC, le périphérique est reconnu mais la configuration reste vide ; chaque axe et chaque bouton doit alors être attribué à la main.

Le contraste avec le discours Plug & Play est difficile à accepter. Un périphérique à 100 euros peut demander une soirée de configuration sur certains titres. Une édition officielle Microsoft Flight Simulator doit proposer son profil le jour de sa sortie, surtout lorsqu’elle cible les débutants. Le matériel fonctionne parfaitement, mais son installation logicielle nie la simplicité qui devait le distinguer. Le matériel est pourtant nativement reconnu et configuré sur Elite Dangerous (mais pas sur Mechwarriors 5).

Un prix défiant toute concurrence

Le prix de 99,99 euros place le produit entre une manette classique et les ensembles de simulation bien plus complets. Pour cette somme, la séparation des deux blocs, la lecture 16 bits, la poussée progressive, le double contrôle du lacet et le port pour pédalier composent une base cohérente et solide. Sur PS5, le choix très réduit renforce encore sa valeur.

Sur PC, les 100 euros achètent surtout la simplicité du format. Monter en gamme apporte davantage de boutons, des capteurs plus ambitieux, une meilleure construction ou une poussée séparée plus riche. Le budget augmente rapidement, mais le Hotas 5 n’est plus seul. Son prix reste juste ; son intérêt dépend beaucoup plus de la PS5 que ne le laisse entendre sa compatibilité multiple.

Conclusion :

Un bon HOTAS PlayStation livré avant son profil

T.Flight Hotas 5 Microsoft Flight Simulator Edition
8/10

Le T.Flight Hotas 5 Microsoft Flight Simulator Edition réalise l’amélioration matérielle qui comptait le plus. La lecture 16 bits donne assez de finesse pour corriger une trajectoire sans lutter contre les grands paliers du Hotas 4. Le manche reste confortable, la poussée gagne en résistance et la possibilité de réunir ou de séparer les deux blocs conserve toute sa pertinence.

À 99,99 euros, le Hotas 5 reste le choix logique pour découvrir la simulation aérienne sur PS5 et PC, surtout pour les joueurs équipés des deux supports. Sa précision, son format et le port TFRP offrent une progression crédible sans transformer le salon en cockpit permanent. Il faut seulement acheter le produit pour ce qu’il est aujourd’hui, pas pour le Plug & Play promis par une future mise à jour.

Points positifs

  • Une lecture 16 bits nettement plus fine que celle du Hotas 4
  • Un manche confortable avec résistance mécanique réglable
  • Une manette des gaz progressive, plus ferme et dotée d’un point central
  • Deux blocs utilisables séparément ou réunis sur une seule base
  • Deux méthodes pour contrôler le lacet
  • Un port RJ12 permettant d’ajouter le pédalier TFRP sur PS5
  • Un prix de 99,99 euros très avantageux pour la qualité du périphérique

Points négatifs

  • Un châssis presque inchangé par rapport au Hotas 4
  • Un câble assez court d’environ 50 cm entre les deux blocs
  • Une ergonomie conçue uniquement pour les droitiers
  • Trop peu de commandes pour les appareils complexes
  • Deux boutons supplémentaires sans repère clair