Sushi Ichi !
Sushis exquis !
- Scénario
- Etsushi Ogawa
- Éditeur
- Kotodama
Sushi Ichi ! est un manga de Etsushi Ogawa paru le 19 Février 2025 aux Éditions Kotodama. Traduit par Misato Raillard, il se compose de 192 pages + 16 pages documentaires.
Sushi Nanohana
Taisuke travaille aux côtés d’Orin (la patronne) et de Hamakichi (l’apprenti) à Sushi Nanohana, un Uchimise (restaurant avec salle) qui jouit d’une excellente réputation. Même si cet établissement n’est pas ouvert tous les jours, la qualité de ses nigiris invite les gourmands à y revenir avec délice.
L’histoire se déroule à Yokohama en 1853/54, quelques années après l’arrivée des vaisseaux noirs. Hirosuke Ogasawara est le commissaire responsable du commerce avec l’étranger et des relations diplomatiques. Son fils est décédé un an plus tôt, cette tragédie l’a rendu agressif. Depuis, il se fait surnommer Commissaire Congre.
Taisuke l’entend crier à propos de l’ouverture du pays, puis le recroise à l’auberge Kawasaki. Ne mâchant pas ses mots, les deux hommes finissent par se battre. Taisuke le maîtrise, non sans récolter des coups au passage. Taisuke connaissait le fils d’Hirosuke, Mr Hirotada, décédé en laissant derrière lui son projet d’occidentaliser le Japon. Taisuke se souvient que le commissaire raffole des nigiris de congre et peut en manger 5 à 10 simultanément. Taisuke lui propose de passer au Sushi Nanoha, ce qu’il fait.
Taisuke est un expert qui prépare les congres avec une grande minutie. Ses gestes sont précis, mélangeant douceur et fermeté. Il veille sur la cuisson, fume les morceaux pour attendrir la chair. Il pétrit le shari, applique de la sauce tsume ; sa création unique contient un secret de préparation susceptible de favoriser l’ouverture sur l’occident…
Il pétrit le cœur des hommes
L’auteur, Etsushi Ogawa, est réputé pour ses mangas qui abordent presque toujours l’art culinaire. Il est notamment connu pour son œuvre Chūka Ichiban qui a eu droit à une adaptation en animé.
Taisuke parvient à résoudre les problèmes de sa clientèle grâce à son art. Les gens disent « qu’il pétrit le cœur des hommes ». Hirosuke est le premier à se laisser transporter par sa gastronomie, suivi de Tatsugorô qui a délaissé l’Oboro essentiel à sa préparation ; Mademoiselle Oyuki qui perd ses parents et à qui on a enseigné que le thon était un mauvais présage (Shibi qui signifie thon, se traduit aussi par jour de mort ; les samouraïs n’y touchaient pas)…
Sushi Ichi ! est paru au Japon en 2013, il a enfin droit à sa licence française grâce au label Kotodama. Riche dans sa thématique, la maison d’édition inclut également 16 pages documentaires d’une grande pertinence à la fin du manga.
Les plans culinaires sont larges, couvrent parfois une page et demie. L’enthousiasme des briffauds frôle une certaine sensualité ; le plaisir de manger et l’ivresse des sens sont explorés avec beaucoup de finesse, sans jamais tomber dans l’indécence. Ce manga, qui donne incroyablement faim, pose également un contexte historique qui permet de mieux comprendre l’époque d’Edo et la place du sushi comme mets courant.
Sushis exquis !
Sushi Ichi ! explore la thématique de la préparation des nigiris avec une dextérité qui suscite la gourmandise. Dans un cadre historique prégnant, les ingrédients se transforment avec finesse et ingéniosité, tandis que l’art culinaire règle de nombreux soucis une fois qu’il éveille les papilles. Un délice à découvrir.