Power A Lumectra
Lumière criarde pour nerfs bruts
- Constructeur
- PowerA
- Date de sortie
- 9 mai 2023
Le marché des manettes tierces pour Xbox ressemble à une arrière-boutique de contrefaçon : des prix cassés, des promesses clinquantes, des plastiques douteux. Et puis, au milieu, une étrangeté surgit : la PowerA Lumectra. Nouvelle descendante de la Spectra Infinity, elle se vend moins comme une révolution que comme un peaufinage. Moins de bruit, plus de lumière.
Proposée à 49,99€, elle semble vouloir brouiller les pistes : design sobre, fonctionnalités avancées, rétroéclairage synchronisé… et limitations gênantes. Mais entre ambition lumineuse et réalité plastique, une question s’impose : est-ce une vraie manette, ou juste une lampe déguisée ?
Une Spectra déguisée en promesse
La Lumectra ne vient pas de nulle part. Elle déshabille la Spectra Infinity, conserve son ossature, mais arrache ses défauts les plus visibles. Fini la molette de volume grotesque, adieu les faux chromes. Reste une manette sobre, noire, tendue vers un seul effet d’annonce : l’éclairage RGB synchronisé.
L’idée est séduisante. En branchant la manette, vous alimentez aussi un bandeau lumineux LED inclus dans la boîte, relié via USB-C. Quatre zones d’éclairage sur la manette, un faisceau externe : l’écosystème Lumectra veut transformer votre session en diorama cyberpunk.
Mais cette esthétique a un prix : une ergonomie de l’absurde. Pour changer le mode d’éclairage, il faut composer un code secret à six doigts : maintenir trois boutons dorsaux, utiliser le stick droit pour naviguer, puis valider avec A/B/X/Y. Un combo digne de Street Fighter, à exécuter au risque de flasher votre salon en pleine partie classée.
Et si vous voulez ajuster la luminosité, ou la fréquence du clignotement ? Rebelote. PowerA impose une gymnastique mentale illisible. Une interface serait salutaire — elle existe, sur PC, via le logiciel Gamer HQ. Mais sur console ? C’est le chaos ou rien.
Mécanique brute et gâchettes affûtées
La surprise, c’est qu’en dehors des paillettes, la Lumectra tient debout. Elle est filaire, oui, mais elle est stable. Aucune latence. Aucun décrochage. Le plastique est dur, un peu creux, mais le châssis ne plie pas. Elle encaisse les sessions. Elle encaisse les nerfs.
Les boutons sont francs. Les sticks, précis. Pas de drift constaté en conditions normales. Et puis surtout, il y a ces deux gâchettes ajustables à l’arrière. Trois niveaux de course. Trois philosophies : gâchette nerveuse pour le FPS, allongée pour la conduite, médiane pour le reste. Ce n’est pas un gadget. C’est une arme.
Ajoutez à cela deux boutons reprogrammables, placés sur les palettes inférieures — pas aussi ergonomiques qu’une Elite Series, mais bien plus utiles que la moyenne des entrées de gamme — et vous obtenez un schéma d’action efficace, sans friction.
Mais tout n’est pas net : la croix directionnelle est une erreur. PowerA revient à un modèle d’avant-Series, sans diagonales, sans souplesse. Pour les jeux 2D, c’est un retour en arrière impardonnable.
Lumière criarde pour nerfs bruts
La PowerA Lumectra n’est ni un gadget marketing ni une concurrente directe aux manettes premium. C’est une anomalie cohérente. Un objet hybride, coincé entre le modding lumineux et la performance brute, qui assume de tout miser sur l’ambiance sans trahir la réactivité.
Oui, ses commandes d’éclairage sont grotesques. Oui, sa croix directionnelle est une faute technique. Mais face à son prix, face à ses gâchettes réglables, face à sa tenue en main sobre et solide, elle résiste à la moquerie.
Ce n’est pas une manette de collection. C’est une manette qu’on use. Et qui vous le rend bien.
Points positifs
- Le système de gâchettes réglables, rare et redoutable.
- Le prix maîtrisé, sans rien lâcher sur les sensations de jeu.
- Le RGB synchronisé, gadget mais sincèrement jouissif.
- Une vraie solidité, malgré un poids plume.
Points negatifs
- La croix directionnelle archaïque, indigne d’une manette moderne.
- Les combinaisons d’éclairage illisibles, risibles en plein jeu.
- Aucune interface console, impossible à configurer sans PC.
- Un câble court et rigide, pas toujours adapté à l’environnement salon.
