Achilles: Survivor
Bâtir au milieu du carnage
- Support
- Playstation
- Développeur
- Dark Point Games
- Éditeur
- Dark Point Games
- Langue
- Français 🇫🇷
Avec Achilles: Survivor, Dark Point Games ne prolonge pas Achilles: Legends Untold par la voie la plus attendue. Le studio abandonne l’action RPG pour aller vers le bullet heaven, avec des runs rapides, des vagues de monstres, des pouvoirs qui s’empilent et une progression permanente entre chaque tentative. Sorti le 29 juillet 2025 sur Xbox Series X|S, le jeu reprend son univers mythologique, mais change complètement de rythme.
Le principe est simple : Achilles s’échappe du Tartare, libère d’autres âmes au passage, et se retrouve poursuivi par des hordes venues de l’au-delà. Le joueur choisit un survivant, entre dans une arène, bouge, esquive, ramasse de l’expérience, améliore ses pouvoirs, construit des structures, puis tente de tenir jusqu’au prochain boss.
Rien de très neuf, pourrait-on croire. Depuis Vampire Survivors, le genre a été retourné dans tous les sens. Des vagues d’ennemis, des attaques automatiques, des synergies de pouvoirs, de la méta-progression : la formule est connue. Mais Achilles: Survivor a une idée assez nette pour ne pas seulement suivre le mouvement. Ici, survivre ne signifie pas seulement devenir plus fort. Il faut aussi construire.
Reste alors à savoir si cette couche stratégique suffit à donner une vraie identité au jeu, ou si Achilles: Survivor reste un bon élève du bullet heaven, efficace mais trop proche de ses modèles pour vraiment marquer.
Un survivant qui bâtit
Comme dans tout bullet heaven, dans Achilles: Survivor le personnage attaque automatiquement. Le joueur se concentre sur le placement, la collecte d’expérience, les esquives et les choix d’amélioration. Le genre repose sur cette idée depuis longtemps, mais le jeu l’exécute proprement. On comprend vite où regarder, quand se dégager, et comment transformer un début de run fragile en machine de destruction.
La vraie différence vient des structures. En récoltant de la pierre sur la carte, le joueur peut bâtir des tourelles, des autels de soin, des pièges, ou même appeler des alliés pour l’aider à contenir la horde. Ces constructions peuvent réellement modifier la manière d’aborder une zone, ralentir un groupe, sécuriser un passage ou prolonger une situation qui aurait dû tourner court.
Cette idée donne au jeu une tension intéressante. Aller chercher de la pierre demande souvent de rester dans une position dangereuse. Construire au bon endroit oblige à lire la carte, pas seulement à fuir en cercle. On ne joue pas uniquement avec les pouvoirs du héros, mais avec l’espace lui-même. Dans les bons moments, Achilles: Survivor donne vraiment le sentiment de préparer un piège pendant que le chaos continue d’avancer.
Le système reste assez simple, mais il fonctionne. Il ne transforme pas le jeu en vrai tower defense, et ce n’est pas le but. Il ajoute juste assez de décision pour éviter que chaque run ne repose uniquement sur la chance des améliorations. Le joueur garde une forme d’initiative, même quand l’écran commence à se remplir de monstres.
C’est cette couche qui donne au jeu sa personnalité. Sans elle, Achilles: Survivor serait un bullet heaven agréable de plus. Avec elle, il trouve une petite place à lui. Pas une révolution, mais une idée suffisamment claire pour tenir la formule.
Une progression qui accroche
L’autre force du jeu, c’est sa progression. Chaque run rapporte de quoi débloquer des personnages, renforcer les statistiques, accéder à de nouvelles possibilités et revenir un peu mieux préparé. La mort ne casse pas l’élan. Elle donne simplement une nouvelle occasion d’améliorer le groupe avant de repartir.
Le roster aide beaucoup. Achilles n’est qu’une porte d’entrée. Le jeu permet ensuite d’incarner plusieurs survivants issus de ce monde mythologique, chacun avec son style, sa compétence principale et sa manière d’aborder la horde. Paris, Pythia, Brontes et d’autres figures apportent assez de variations pour que l’on ne reste pas enfermé dans un seul rythme.
Les pouvoirs suivent la même logique. On récupère des attaques, on les améliore, on les transforme dans la Forge, on cherche des combinaisons capables de nettoyer l’écran avant qu’il ne se referme. Le plaisir vient de cette montée en puissance très directe. On commence presque vulnérable, puis l’on finit par traverser des vagues entières en voyant les effets s’empiler autour du personnage.
Les modes de run participent aussi à rendre l’ensemble plus souple. Normal, court, endless : le jeu s’adapte assez bien au temps que l’on veut lui donner. C’est le genre de titre que l’on lance pour une partie rapide, puis que l’on garde ouvert parce qu’une nouvelle amélioration ou un nouveau personnage semble à portée.
Une formule efficace, mais pas miraculeuse
Reste que le jeu garde les limites habituelles du genre. La répétition finit par apparaître, même avec les structures et les différents survivants. Les premières heures sont les plus fortes, parce que tout se débloque vite, que les builds changent souvent, et que chaque nouvelle carte donne une petite sensation de fraîcheur. Ensuite, le rythme devient plus prévisible.
Les boss sont probablement le point le plus discutable. Ils remplissent leur rôle, imposent des patterns, forcent à se déplacer autrement, mais peuvent aussi casser la cadence. Certains combats durent plus qu’ils ne devraient, moins parce qu’ils sont vraiment complexes que parce qu’ils encaissent beaucoup. Dans un jeu aussi dépendant du rythme, ce genre de longueur se sent vite.
La variété des ennemis et des environnements montre aussi ses limites. La Grèce mythologique donne un cadre clair, lisible, agréable, mais le jeu ne fait pas toujours grand-chose de vraiment surprenant avec elle. Troy, le Tartare, les côtes grecques : les lieux fonctionnent, mais restent surtout des arènes. Le folklore sert davantage l’habillage et les pouvoirs qu’un vrai sentiment d’aventure.
Visuellement, Achilles: Survivor reste propre. La réutilisation de l’univers d’Achilles: Legends Untold lui donne une base solide, avec des personnages et des décors plus travaillés que beaucoup de jeux du genre.
C’est finalement ce qui résume assez bien le jeu. Achilles: Survivor n’ouvre pas une nouvelle voie pour le bullet heaven, mais il ajoute une bonne idée à une formule déjà très efficace. Il ne bouleverse pas, il affine. Et parfois, dans un genre aussi saturé, une bonne exécution suffit déjà à faire la différence.
Une bonne idée au bon endroit
Achilles: Survivor réussit parce qu'il comprend très bien ce qu'il peut apporter au genre. Son mélange de bullet heaven et de construction donne aux runs une dimension tactique simple, mais efficace. On ne se contente pas de fuir et d'empiler les pouvoirs. On utilise aussi la carte, les structures, les ressources et le placement pour survivre un peu plus longtemps.
Le jeu reste répétitif, certains boss tirent trop en longueur, et l'univers mythologique sert plus souvent de cadre que de vraie surprise. Mais la boucle est solide et la progression accroche. Un survivant-like très efficace, pas révolutionnaire, mais franchement recommandable.
Points positifs
- Une boucle bullet heaven immédiate et efficace
- Les structures ajoutent une vraie couche tactique
- Une progression qui donne envie de relancer
- Un roster assez varié pour changer le rythme
Points négatifs
- Une répétition qui finit par se sentir
- Des boss parfois trop longs
- Une mythologie surtout utilisée comme décor
- Une variété d'ennemis et de cartes qui montre vite ses limites
