Sorti récemment, le 24 août 2024, Big Shots, développé par AlterEyes et édité par MyDearest, propose aux joueurs de prendre place dans le cockpit d’un mécha pour affronter des vagues d’extraterrestres dans un univers futuriste.
S’appuyant sur des mécaniques de roguelite et un mode coopératif prometteur, le jeu semble avoir tout pour séduire les amateurs de réalité virtuelle, mais est-il réellement à la hauteur de ses ambitions ou finit-il par se perdre dans la frénésie des combats sans profondeur ? C’est ce que nous allons voir.
Un mécha sans âme, un univers sans grande surprise
L’histoire de Big Shots est aussi basique qu’efficace : vous incarnez un pilote de mécha, seul ou en coopération, dans une guerre incessante contre des hordes d’extraterrestres. Le scénario, s’il est suffisant pour justifier les affrontements, reste une toile de fond oubliable. L’immersion, pourtant renforcée par la vue à l’intérieur du cockpit et les contrôles immersifs, souffre d’un manque d’âme dans la narration. Le jeu mise sur l’action plutôt que sur l’intrigue, et les personnages sont purement fonctionnels, sans profondeur ni développement véritable. Le protagoniste reste une silhouette sans nom, et bien que l’on puisse enchaîner les missions, rien n’est fait pour renforcer un lien émotionnel avec lui.
La présence d’un partenaire IA en solo ne fait qu’accentuer ce sentiment de vide narratif. Si le mode coopératif est clairement la pierre angulaire de l’expérience, en solo, l’IA est souvent inerte et inefficace, vous laissant gérer seul l’arsenal des combats. Bien que les dialogues, rares et limités, puissent parfois donner un léger aperçu de la dynamique entre les personnages, ils ne suffisent jamais à combler cette absence de véritable scénario.
En revanche, les extraterrestres, simples cibles à détruire, ne sont jamais vraiment explorés. Leur présence se résume à une menace constante mais sans identité, ce qui empêche Big Shots d’avoir un impact narratif durable. C’est une aventure de guerre qui mise davantage sur le gameplay que sur l’histoire.
Feu, acier et stratégies superficielles
Le gameplay de Big Shots s’articule autour d’un système de roguelite, où chaque session de jeu vous place dans un environnement de plus en plus hostile, avec des vagues incessantes d’extraterrestres à éliminer. Le système de progression, basé sur l’amélioration temporaire de votre mécha via des upgrades récupérés pendant chaque vague de combat, crée un système de défis qui pousse à l’adaptation, mais qui souffre rapidement de la répétitivité.
Le contrôle du mécha est fluide, bien adapté à la VR, et donne au joueur une sensation de puissance immédiate. Cependant, malgré l’action frénétique, le gameplay manque de réelle profondeur stratégique. Vous vous retrouvez à gérer des vagues d’ennemis, à utiliser des armes et des gadgets divers, mais la répétition des mêmes schémas de combat, la gestion des upgrades et la recherche de nouveaux objets ne parviennent pas à offrir un challenge engageant sur le long terme. La gestion des déplacements dans un environnement 3D est relativement simple, mais le manque de variété dans les ennemis et dans les environnements se fait rapidement sentir.
Le mode coopératif est clairement l’élément le plus réussi de Big Shots. Le travail d’équipe devient une nécessité pour surmonter les vagues d’ennemis, et la dynamique entre les joueurs, qui peuvent interagir dans le cockpit de leurs propres méchas, ajoute un réel sentiment d’immersion. La coopération est au cœur du jeu, et c’est dans ces moments où vous et vos partenaires de jeu combinez vos compétences et stratégies que Big Shots trouve son véritable potentiel.
Cependant, en solo, l’IA partenaire est terriblement limitée, ce qui rend l’expérience beaucoup moins agréable. La gestion des points de vie et des améliorations devient rapidement un fardeau en l’absence de stratégie complémentaire, et les combats deviennent une série d’erreurs de gestion de ressources plutôt qu’un défi tactique.
Le level design, quant à lui, souffre de la même faiblesse que l’IA. Les niveaux se succèdent sans grande variation et manquent d’éléments de terrain interactifs qui pourraient offrir plus de diversité stratégique. Si l’intention de proposer un monde vaste et ouvert est présente, la réalité est plus linéaire, et les environnements, bien que joliment modélisés, semblent interchangeables. Il manque des éléments dynamiques qui auraient pu dynamiser l’exploration et l’interaction.
Mécas lumineux et clarté éphémère
Visuellement, Big Shots plonge immédiatement le joueur dans un univers de méchas imposants et d’extraterrestres menaçants, le tout baignant dans une esthétique futuriste assez soignée. Les environnements, bien que dynamiques dans leur conception, peinent à se distinguer dans la durée. Les décors sont remplis de néons et de métaux brillants, créant une atmosphère de combat intense et de technologie avancée, mais la répétitivité des niveaux finit par rendre les visuels un peu plats. Les modèles de méchas sont détaillés, tout comme les ennemis extraterrestres, mais ces derniers manquent de variété. Après plusieurs heures de jeu, on ressent un certain essoufflement visuel, comme si le jeu tournait en rond dans ses créations.
Les effets lumineux, s’ils sont réussis dans l’animation des explosions et des tirs d’armement, ont tendance à noyer l’action dans un excès de couleurs vives. Ces éclats constants rendent parfois la lisibilité difficile, surtout dans les séquences de combat les plus intenses où la confusion peut prendre le dessus.
Le principal défaut visuel vient de l’absence de profondeur dans la conception des environnements. Tout semble construit autour d’une même structure de base, avec des éléments qui se répètent sans véritable innovation, ce qui enlève un peu de la magie immersive qu’un tel jeu aurait pu offrir. Les plans d’ensemble et les vues à distance ne parviennent pas à vraiment épouser l’ampleur de l’action, limitant l’impression d’être immergé dans un véritable champ de bataille intergalactique.
Côté sonore, Big Shots reste dans une approche classique mais efficace. La bande-son électronique soutient l’action sans vraiment marquer les esprits. Les morceaux d’ambiance, bien qu’efficaces, restent dans une ligne directrice assez lisse, sans grande variation. Les bruitages des armes, des explosions et des effets mécaniques sont percutants, mais l’ensemble finit par devenir répétitif au bout d’un certain temps. L’absence de diversité musicale dans certains niveaux ralentit l’immersion, et les moments de silence sont rares, ce qui empêche la création de contrastes significatifs entre les phases de calme et d’intensité.
Les voix, bien que présentes dans quelques interactions, sont secondaires et ne viennent pas enrichir le caractère des personnages. La narration, ou plutôt les directives de jeu, sont parfois insuffisantes, laissant l’impression que la dimension sonore aurait pu être bien plus exploitées pour renforcer l’immersion.
Mécaniques égarées et frustrations persistantes
Big Shots souffre de plusieurs défauts structurels qui nuisent à son potentiel. Si la base de jeu — l’action frénétique en mécha et le mode coopératif — est solide, le manque de diversité dans les ennemis, les niveaux et la progression réduit l’attrait à long terme. La répétitivité devient rapidement un obstacle majeur : des vagues d’ennemis sans fin, des environnements similaires qui ne varient jamais vraiment, et une expérience générale qui manque de relief. Après quelques heures de jeu, la formule commence à se sentir étroite et le manque d’innovations structurelles devient pesant.
L’IA partenaire en solo est un autre point noir. L’absence de réponse adéquate aux situations complexes crée une frustration inutile. L’expérience solo, en dehors du mode coopératif, perd de sa fluidité et devient parfois une suite d’errances frustrantes. Bien que le mode coopératif offre une dynamique de groupe plaisante et plus stratégique, la gestion d’un seul mécha dans le cadre solo reste trop mécanique et dénuée de spontanéité.
Le système de progression, basé sur des améliorations temporaires pendant les vagues, empêche de véritablement se sentir plus puissant ou d’établir une progression marquante. L’aspect roguelite du jeu, qui pourrait offrir un challenge intéressant, s’avère plus frustrant qu’amusant à cause de la difficulté croissante et de la gestion des ressources limitée. Les points d’aptitude (AP) deviennent vite un obstacle stratégique, brisant le rythme et la fluidité de l’action.
Malgré ces imperfections, Big Shots parvient à offrir un certain plaisir immédiat, surtout en mode coopératif, mais il reste un jeu à la formule un peu trop répétitive et rigide pour marquer durablement.
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