Lancé initialement le 14 décembre 2023 sur PC et récemment arrivé sur Xbox Series X|S, Pirates of Belerion signe le premier grand DLC du RPG tactique médiéval Wartales, développé par Shiro Games. Avec la promesse d’ouvrir de nouveaux horizons, d’introduire la navigation maritime et d’étendre l’univers déjà foisonnant du jeu de base, ce contenu additionnel suscitait de hautes attentes auprès d’une communauté avide de découvertes.
Mais derrière les promesses d’exploration libre et de combats navals épiques, Pirates of Belerion réussit-il à enrichir véritablement l’expérience Wartales, ou se contente-t-il de dériver au gré des vents sans jamais trouver son cap ?
Naviguer, survivre, imposer sa loi
Avec Pirates of Belerion, Wartales abandonne provisoirement ses sentiers battus pour plonger dans les eaux imprévisibles du jeu maritime, ajoutant une dimension nouvelle à son système déjà dense.
La navigation, loin d’être une simple transition cosmétique entre deux points d’intérêt, devient une mécanique exigeante, imposant la gestion constante de votre embarcation, de son état, de ses voiles et de ses réserves.
Chaque traversée devient un pari : les conditions météo changent sans avertissement, détériorant votre navire et épuisant vos ressources plus vite qu’anticipé. Le poids du vent, le jeu des courants, la menace des récifs cachés poussent à la prudence et récompensent l’observation attentive. Entre deux expéditions, il faut renforcer la coque, améliorer les voiles, entretenir son équipage… ou risquer de finir échoué sur un îlot désert.
La gestion s’étend à l’équipage lui-même, renforçant le cœur de Wartales : soigner les blessés, nourrir les marins, motiver des troupes prêtes à se mutiner à la première disette. La construction de votre flotte, permise par la capture de navires ennemis, ajoute une couche de stratégie supplémentaire, permettant d’adapter votre arsenal naval selon vos ambitions guerrières ou commerciales.
L’exploration, plus ouverte que jamais, alterne entre instants suspendus d’observation et périls soudains : factions hostiles, trésors immergés, quêtes secondaires éparpillées. Mais malgré cette richesse de surface, une certaine lassitude s’installe, nourrie par des missions parfois répétitives et une variété d’événements aléatoires qui manque encore de surprise véritable.
En mer comme sur terre, Pirates of Belerion impose un rythme plus lourd, plus pesant, où chaque choix logistique peut précipiter la chute d’un équipage affamé ou mener à la conquête d’îles inexplorées. Un changement d’échelle audacieux, mais pas toujours totalement maîtrisé.
Entre mer d’émeraude et récifs techniques
Graphiquement, Pirates of Belerion étend la patine vieillissante de Wartales à de nouveaux horizons, avec une générosité d’envergure mais sans véritable révolution.
L’archipel de Belerion impressionne par son ampleur : des plages éclatantes de lumière, des jungles épaisses, des falaises battues par les vents, chaque île possède son propre caractère visuel, offrant des panoramas maritimes parfois magnifiques, parfois plus ternes.
Le moteur graphique, déjà limité sur le jeu de base, peine néanmoins à soutenir l’ambition de ce nouveau cadre : textures baveuses, chargements parfois laborieux, détails de l’eau manquant de finesse viennent rappeler les contraintes techniques qui freinent l’immersion.
Sur Xbox Series X|S, ces imperfections se font encore plus visibles, avec notamment des problèmes de textures sur les environnements lointains et quelques chutes de framerate lors des batailles navales les plus intenses.
Cependant, malgré ces accrocs, l’identité visuelle de Wartales demeure intacte : une esthétique rugueuse, presque austère, qui sied parfaitement à l’univers rude et sans fard du jeu.
Côté sonore, Pirates of Belerion se révèle beaucoup plus inspiré.
Le bruit des vagues, le craquement du bois sous la houle, les hurlements du vent avant une tempête… l’ambiance marine est restituée avec une justesse rare, immergeant le joueur dans une atmosphère lourde et mouvante.
Les musiques, discrètes mais habilement dosées, alternent entre mélodies mélancoliques lors de l’exploration et rythmes martiaux plus soutenus durant les affrontements. Les effets sonores de la navigation et des batailles navales renforcent encore cette impression d’être véritablement pris au piège des éléments.
Si visuellement l’archipel accuse le poids du moteur vieillissant, l’univers sonore, lui, propulse véritablement l’aventure, offrant à Pirates of Belerion ses plus beaux moments d’immersion brute.
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