Steampunks 1869, développé par Archor Wright et publié par Archor Games, est un jeu d’action-aventure sorti le 28 janvier 2025 sur PC. Plongé dans la métropole tentaculaire de Geartopia, le joueur découvre une cité où la vapeur règne en maître, avec des voitures à vapeur, une architecture imposante et une population bigarrée. Cette ville, autrefois prospère, est désormais le théâtre d’un conflit entre les Steampunks, rebelles épris de liberté, et une usine tentaculaire cherchant à asseoir son contrôle absolu.
Mais cette lutte pour la liberté parvient-elle à insuffler une âme à cet univers mécanique, ou reste-t-elle prisonnière de ses propres rouages ?
Une ville sous pression, des destins enchaînés
Dans Steampunks 1869, l’histoire est celle d’une ville au bord de l’implosion, d’un monde où la vapeur ne sert plus seulement à alimenter les machines, mais aussi à maintenir un contrôle absolu sur la population. Geartopia, autrefois symbole de progrès, est désormais un monstre d’acier et de suie, où les rouages des usines ne s’arrêtent jamais et où les plus faibles sont écrasés sous le poids d’un ordre mécanique implacable. Au cœur de cette cité oppressante, un groupe d’insurgés lutte contre l’Usine Centrale, une corporation aux ambitions totalitaires qui ne tolère aucune rébellion.
Vous incarnez un des Steampunks, un combattant de l’ombre prêt à défier l’élite technocratique qui maintient la ville sous sa coupe. Mais votre combat n’est pas celui d’un héros solitaire : chaque rencontre, chaque alliance forgée dans les entrailles de la cité influence la trajectoire de votre révolte.
Le jeu s’appuie sur un système de choix narratifs qui modifient la progression de l’histoire. Certains personnages se rallieront à votre cause, d’autres tenteront de vous trahir, et vos décisions impacteront la manière dont Geartopia basculera dans le chaos… ou la libération.
Si l’univers et la narration posent une base solide, ils souffrent d’un cruel manque de développement en profondeur. Les dialogues sont trop génériques, et les dilemmes moraux manquent de nuances, réduisant souvent les choix à des oppositions simplistes entre bien et mal. On aurait aimé une écriture plus subtile, avec des enjeux plus nuancés et des personnages secondaires mieux développés.
Steampunks 1869 réussit cependant à créer une atmosphère intrigante, où chaque ruelle crasseuse et chaque machine grinçante racontent une histoire. Mais cette immersion aurait pu être sublimée par une narration plus ciselée, évitant certains écueils du manichéisme.
Une révolution en marche ou une mécanique grippée ?
Si Steampunks 1869 s’ancre solidement dans son univers steampunk, son gameplay repose sur un équilibre entre infiltration, combat et exploration libre. Le jeu propose une approche semi-ouverte, où les différents quartiers de Geartopia deviennent progressivement accessibles à mesure que l’histoire avance.
Le cœur du jeu réside dans ses affrontements fluides et nerveux, où chaque combat est un mélange de précision et d’anticipation. Les armes à vapeur, véritables extensions du corps du personnage, offrent des possibilités intéressantes : fusils à pression, gantelets mécaniques capables d’amplifier la force des coups, gadgets détournés pour neutraliser des adversaires à distance. Le système de combat se rapproche d’un beat’em up modernisé, où les enchaînements et l’utilisation intelligente des gadgets font toute la différence.
Mais si le feeling des combats est satisfaisant, certaines imprécisions viennent ternir l’expérience. Les esquives manquent de réactivité, et la plupart des ennemis ont des patterns trop rigides, ce qui réduit parfois la sensation de spontanéité des affrontements. L’IA ennemie est fonctionnelle, mais pas particulièrement impressionnante, se contentant de vous foncer dessus ou d’alterner entre attaques télégraphiées et phases de garde.
En parallèle, le jeu encourage l’exploration et l’infiltration, avec un level design pensé pour laisser plusieurs approches possibles. Certains quartiers regorgent de raccourcis, de toits praticables, de tunnels permettant d’éviter une confrontation directe. Cette liberté apporte un vrai souffle à l’aventure, mais elle est entravée par des mécaniques d’infiltration trop simplifiées, où les ennemis semblent oublier votre présence dès que vous sortez de leur champ de vision.
L’aspect progression repose sur l’amélioration des armes et des compétences du protagoniste. Les améliorations sont obtenues en collectant des ressources disséminées dans la ville, permettant de customiser les armes et de débloquer de nouvelles capacités. Mais le système manque de profondeur : certains upgrades sont anecdotiques et n’impactent pas suffisamment le gameplay, rendant certaines améliorations dispensables.
Steampunks 1869 propose un gameplay agréable et des combats dynamiques, mais qui souffrent d’un manque de finesse dans l’exécution. L’exploration et la personnalisation apportent une véritable richesse à l’expérience, mais les failles dans l’IA et le manque de profondeur du système d’évolution l’empêchent de rivaliser avec les références du genre.
Une cité de rouages et de brume
Si Steampunks 1869 pêche sur certains aspects de son gameplay, il compense en grande partie par une direction artistique soignée et une ambiance sonore intéressante. Geartopia est un décor vivant, une ville où la vapeur s’échappe des conduits, où les engrenages tournent sans relâche, où chaque ruelle semble avoir été façonnée par des décennies d’industrialisation excessive.
Visuellement, le jeu adopte une esthétique steampunk détaillée, mêlant structures massives de fonte et labyrinthes urbains où se croisent citoyens opprimés et machines d’acier. L’attention portée aux détails est indéniable : enseignes rouillées, lumières tamisées projetant des ombres inquiétantes sur les façades, affiches de propagande placardées sur les murs… tout contribue à renforcer l’ambiance dystopique du jeu.
Cependant, si la ville regorge de détails visuels, elle manque de vie. Les PNJ ont des animations limitées et interagissent peu avec l’environnement, ce qui peut donner l’impression d’un monde figé, d’un décor plus contemplatif que réellement habité. On aurait aimé plus de mouvements, plus d’animations dynamiques, plus d’interactions aléatoires qui donnent la sensation que Geartopia est une ville qui respire et évolue.
Côté sonore, l’ambiance est réussie. Les bruits mécaniques omniprésents donnent du poids à l’univers, avec des sifflements de vapeur, des engrenages qui grincent, des marteaux frappant le métal dans les usines en arrière-plan. Les musiques oscillent entre orchestrations sombres et sonorités industrielles, renforçant le côté dystopique du jeu. Les thèmes s’adaptent à l’action : discrets et pesants en phase d’exploration, plus dynamiques et métalliques lors des combats.
En revanche, certains effets sonores manquent d’impact. Les coups portés en combat auraient gagné à être plus percutants, les explosions manquent de profondeur sonore, et certaines interactions avec l’environnement sont silencieuses là où un feedback audio aurait amélioré l’immersion.
Steampunks 1869 réussit à capturer l’essence d’un monde steampunk en perdition, avec une direction artistique et sonore qui transportent le joueur dans un univers captivant. Mais son manque de dynamisme dans l’animation des PNJ et quelques faiblesses sonores l’empêchent d’atteindre une immersion totale.
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